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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 18:38

La filterie est l’industrie du fil à coudre. Cette industrie est une des plus anciennes de la région ; elle est essentiellement locale, puisqu’elle est cantonnée à Lille et à Comines.

Elle ne borne pas son activité au seul fil de lin à coudre, elle produit encore des fils à dentelles, des fils pour guipure, des fils à broder, à repriser, des fils pour cordonniers et pour selliers et en général tous les genres de fils spéciaux destinés à toutes les industries dans lesquelles on coud, et elles sont très nombreuses…

Les filtiers s’agrégèrent aux grossiers merciers pour s’ériger en corporation en 1689. Nous avons des statuts et des règlements « arrêtés en conclave le 29 novembre 1602 par le Magistrat, publiés à la Bretèque et par carrefours de cette ville à son de trompe ce même 29 novembre 1602 ».

Ces règlements précisaient par le menu les conditions d’admission de ses membres ; ils ordonnaient entre autres que le temps d’apprentissage ne serait pas inférieur à deux années.

Les produits de ce corps étaient de deux sortes : les fils retors « au gros » et les fils d’once. Les premiers correspondent à ce que nous appelons aujourd’hui les fils à coudre pour tous les usages : vêtements et chaussures ; ils trouvaient preneurs en France, pour moitié de la production et pour le surplus en Espagne, en Italie, en Suisse, aux Indes, en Angleterre, un peu partout à l’étranger, excepté en Allemagne, qui déjà, à cette époque, produisait des fils à coudre en concurrence avec les filtiers d’alors.

Les fils d’once, cet autre produit des retordeurs lillois, tiraient leur nom de l’unité de poids qui servait de mesure à leur qualité ; Ils étaient employés par les dentellières, sur place.

La dentelle a lors était toujours faite en fil de lin et Lille comptait un grand nombre de dentellières. En 1789, il y avait à Lille : 13.600 dentellières et 2.000 apprenties.

Toujours à la même date, les maîtres filtiers lillois possédaient 600 moulins à retordre.

Ces fils sans distinction de qualité étaient vendus en écheveaux, les ouvrières les bobinaient elles-mêmes pour l’usage et les dentellières en garnissaient leurs fuseaux, leurs « broquelets ».

Ce n’est que plus tard, à partir de 1855, que les fils à coudre furent présentés à la vente par la fabrique, en pelotes et bobines ; ensuite on les présenta aussi en cartes.

Prendre des fils bruts, des mains du filateur, les trier, les épurer, les retordre, ou les câbler, pour fournir à tous les besoins de la clientèle, donner la présentation, le numéro, la qualité, l’apprêt, la nuance qu’elle désire, tel est aujourd’hui le rôle du maître filtier.

Le lin n’a pas l’homogénéité du coton, sa qualité varie suivant sa provenance, sa culture, son rouissage, sa filature. Il faut trouver la qualité, le numéro, la force dynamométrique nécessaire à chaque article spécial et à l’usage auquel il est destiné.

La filterie est une industrie très compliquée, et la matière traitée subit une fabrication très longue, très minutieuse ; certains fils ne subissent pas moins de 20 opérations successives, et le cycle complet de fabrication dure plus de six mois.

Cette importante tranche de l’industrie lilloise, qui pourvoit tout le marché intérieur, fait, en raison de la qualité de ses produits, un chiffre important à l’étranger où, elle lutte avec succès contre les produits anglais, belges, et allemands.

Très cordialement, éprouvée par la guerre, qui avait détruit plusieurs immeubles, et presque tout leur matériel, les filteries lilloises, actuellement toutes en activité, font les plus grands efforts pour parachever leur complète reconstitution.

Le Monde Illustré – juin 1923 Etienne CRESPEL

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans histoire de Wazemmes
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