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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 16:35

Les filatures en 1914

Les Allemands connaissaient la renommée de des filatures de coton de Lille et ce sont des spécialistes qui, dès l’envahissement viennent réquisitionner d’abord les matières premières, puis les matières finies et enfin même les matières en cours de fabrication.

Ils en enlèvent pour 60 à 70 millions (valeur 1914).

Mais les marchandises ne leur suffisent pas, il leur faut bientôt des métiers et ce sont des filateurs d’Allemagne et d’Autriche qui viennent eux-mêmes désigner les machines qui seront démontées avec le plus grand soin et expédiées chez eux.

Un pressant besoin de cuivre et de bronze les pousse aussi à enlever tout ce qu’ils peuvent en trouver : coussinets de transmission, collets de broches, platines de cuivre, etc… Quelquefois le filateur arrive à obtenir que ces pièces soient enlevées avec soin, dévissées, mais la plupart du temps, elles sont violemment arrachées , ce qui rendra les réparations très difficiles.

Enfin, l’explosion formidable, dite des « Dix-Huit ponts »* vient détruire complètement plusieurs filatures et endommager plusieurs autres : il y aura, en fin de compte : 10 à 15 millions de dégâts (valeur 1914) rien que pour les bâtiments.

C’est le commencement du pillage, non contents d’enlever les métiers brisés, les Allemands font jeter par les fenêtres même les machines qui n’ont subi aucun dégât, et on peut citer des filatures où des métiers neufs, à peine montés, sont brisés avec le reste.

Des centaines de tonnes de matériel gisent de-ci de-là ; parfois on envoie toute cette mitraille à Essen, parfois on la laisse sur place et le seul but réel de ces destructions est de supprimer des concurrents.

Résultat : à la fin de la guerre, on ne retrouve plus à Lille que 20 % des broches intactes ; 30 % ont été partiellement détruites et 50 % totalement détruites.

Ces destructions ont été évaluées à près de 50 millions (valeur1914)

On aurait pu croire que c’en était fait de la filature de coton à Lille : les Allemands l’avaient espéré ! Nous allons voir que l’effort qui a été fait pour faire échouer leur plan

La guerre n’était pas finie que déjà les filateurs renseignés sur l’étendue de leurs sinistres avaient, sans plus tarder remis leurs commandes aux constructeurs. Dès l’évacuation des Allemands, on se met courageusement à l’œuvre, et avec l’aide du 1er secteur de la « Reconstruction Industrielle », les travaux commencent partout. L’effort se porte d’abord sur les usines les moins abîmées de façon à pouvoir rendre du travail au plus grand nombre d’ouvriers possible, si bien qu’au 1er novembre 1919, vingt établissements étaient en marche avec 499.044 broches à filer et 182.210 broches à retordre. La production était revenue au tiers de ce qu’elle était en 1914.

Le Monde Illustré 15 juin 1923

à suivre...

L'aspect de cette salle montre l'état lamentable de l'usine après l'armistice

L'aspect de cette salle montre l'état lamentable de l'usine après l'armistice

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans histoire de Wazemmes
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