Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....

Recherche

1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 08:52

Au début, cette loi souleva un tollé général, on refusait de s’y soumettre. Le contribuable français, au fond, bon enfant, après un peu d’agitation, il se calma et paya sans mot dire, pestant en lui-même, ce qui n’est jamais bien terrible.

Eh bien ! En ce qui concerne Lille, dont nous voulons exclusivement nous occuper dans cette chronique, devinerait-on quelle fut l’influence de cette loi, dont on attendait de si extraordinaires résultats ? Si l’on n’avait des chiffres à l’appui de ses affirmations, on serait peut-être tenté de ne pas y croire ! Depuis 1859, époque de l’annexion des communes suburbaines, le nombre des chiens a approximativement triplé.

Je sais que la population a notablement augmenté, est devenue plus dense, mais les chiens ont donc suivi son accroissement … ce qui prouve que toutous ou dogues n’ont pas démérité, malgré les méfaits de certains d’entre eux.

Veux - t’on des chiffres ? Je viens d’écrire que j’en avais, j’ai en effet, sous les yeux la statistique du nombre des chiens déclarés chaque année depuis 1859 et la somme que la taxe a rapportée chaque année au budget.

En 1859, il y avait 3.166 chiens déclarés, 1.706 de la première catégorie et 1.460 de la seconde. La taxe rapporta à la ville 20.704 F, y compris naturellement les doubles, triples et quadruples taxes. Jusqu’en 1863, le nombre des chiens décrut quelque peu ; en 1862, il n’y avait plus que 2.964 chiens déclarés et la taxe inscrite au budget pour une somme totale de 17.114, mais en 1863, les chiffres remontèrent ; il y eut 3.122 déclarations et la taxe fournit 17.984 F

Depuis cette année, le nombre des chiens ne cessa de s’accroître. En 1865, il était de 4.153 ; la taxe rapportait 22.878 F. Le chiffre de 5.000 fut atteint en 1866, exactement 5.084 ; la taxe fournit30.544 F. En 1868, il y avait 6.414 chiens ; la taxe donna 35.216 F. E, 1870, 7.608 chiens, la taxe : 44.732 F. En 1868, 8.200 chiens, taxe : 44.902 F. En 1878, 8.793 chiens, taxe : 45.106 F.

En 1819, la taxe baissa légèrement ; elle ne rapporta que 44.434 F 50, mais elle se releva l’année suivante, fournissant une somme totale de 50.757 F 50. En 1891, la taxe donna son maximum : 65.456 F. Depuis, elle a décru quelque peu, mais fait encore entrer dans la caisse de la ville, en chiffre ronds, une somme de 60.000 F, ce qui représente une dizaine de mille de chiens. Nous ne croyons pas utile d’insister autrement sur ces chiffres ; ceux que nous signalons sont suffisamment intéressants et montrent la progression suivie.

Et encore faut-il tenir compte des pauvres toutous, modestes chiens de rue en général, que les propriétaires insoucieux des menaces de la loi ne déclarent pas ; des malheureux abandonnés, vivant de la charité publique, ayant par-ci par-là une vieille croûte de pain, un os déjà rongé à un cœur compatissant à la misère des chiens ; les vagabonds, en un mot, qui se font prendre un jour ou l’autre par la charrette, lorsqu’elle circule après un cas de rage, et qui sont logés, hébergés pendant quelques jours, attendant en vain qu’on vienne les réclamer, qui se font prendre finalement et assommer presque en même temps, double supplice de deux ou trois secondes seulement d’ailleurs.

En somme donc, malgré les taxes et les arrêtés municipaux entravant la liberté des toutous et obligeant leurs propriétaires à exercer sur eux une surveillance constante, les chiens sont restés à Lille les amis du foyer, les gardiens sûrs des habitations, les compagnons des enfants, et leur accroissement continuel semble démontrer qu’ils n’ont trompé ni l’attachement que l’on a pour eux, ni la confiance qu’ils inspirent.

P. CORNILLE

Un chien livreur d'épicerie

Un chien livreur d'épicerie

Partager cet article

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans histoire de Wazemmes
commenter cet article

commentaires