Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....

Recherche

26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 17:11

La partie de chevaux de bois dure cinq minutes et coûte cinq centimes. Toujours le manège est comble ; les enfants, les jeunes filles, les jeunes gens, les soldats et les bonnes d’enfants sont la meilleure clientèle de ce genre de sport.

En face voici les nacelles américaines, balançoires à deux places fort courues par les gamins ; à côté la marchande de nougats, pains d’amandes et pains d’épices, et le marchand de pommes de terre frites dont le commerce ne chôme pas.

Plus loin c’est la série des tourniquets et loteries, où moyennant dix centimes la roue de fortune vous amène, si vous êtes chançard*, une paire de flambeaux, un vase, une jardinière ou tel autre menu objet. Les cartons s’enlèvent rapidement, car il y a toujours foule devant ces établissements d’aspect très coquet ; à chaque tour de roue il y a un gagnant : Voyons, mesdames, voyons messieurs c’est deux sous la partie, deux sous ! si le marchand gagne on recommence.

Le massacre des innocents, ainsi nommé parce qu’autrefois les poupées à abattre figuraient des bébés, on nous montre aujourd’hui des personnages plus variés, en accoutrement fantaisiste et d’aspect assez drôle. Une plaque de tôle sert de fond à ces fantoches, et lorsque la balle de son, destinée à les abattre manque son but, elle va frapper cette plaque avec un bruit de tonnerre.

Voici le jeu des couteaux régulièrement plantés par la lame dans une table de bois : jetez un anneau, s’il enlace le couteau, l’objet est à vous, autrement donnez deux sous et recommencez.

Marchands de sucre de pommes, marchands de beignets, marchands de gaufres alternent avec ces amusements et font florès. Mais le succès de ces kermesses est pour les tirs. Aussi sont-ils nombreux et variés.

Commençons par le plus simple : le tir à la chandelle. C’est fort primitif : une planche peinte et découpée figure un personnage, un grotesque, une tête monstrueuse, etc… à l’endroit des yeux, de la bouche, du ventre, un trou est pratiqué qui laisse voir une chandelle allumée. Le tireur doit l’éteindre avec son projectile et il y arrive souvent.

Le tir aux pipes fixes et mobiles est plus luxueux ; ce sont généralement des jeunes filles qui tiennent ces établissements et la jeunesse ne manque pas de casser nombre de pipes pour leurs beaux yeux.

Le tir mécanique s’est compliqué.

Autrefois il consistait en mannequins qui tombaient à genoux dès qu’ils avaient été atteints en pleine poitrine, aujourd’hui c’est bien plus intéressant. Le tir contient quinze, vingt, trente sujets avec un mécanisme différent, ici c’est un loin qui rugit, là des forgerons qui frappent sur l’enclume, les pompiers qui éteignent un incendie, un jongleur qui fait fde l’équilibre, une femme berçant un enfant qui pleure, une troupe de pompiers jouant « en r’venant de la revue » et devant lesquels gambadent des gamins. Dès que le but à été touché, tout cela entre en mouvement et réjouit les spectateurs.

* Chanceux

J. DUTHIL

Un manège de la fin du XIX° siècle

Un manège de la fin du XIX° siècle

Partager cet article

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans histoire de Lille
commenter cet article

commentaires