Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....

Recherche

7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 15:49

En un mot, un faubourg, avec quelques apparences d’une ville. Nulle part on n’a inscrit avec plus de prodigalité les noms fameux de nos fastes militaires et l’on a bien fait : il est bon de retremper nos courages dans les héroïques souvenirs, rue d’Iéna, rue d’Eylau, rue de Mazagran, des Pyramides, de Bapaume, etc, etc.

On peut dire que les Belges qui habitent ces parages vivent au milieu de notre glorieuse histoire, qu’ils dorment à l’ombre de nos lauriers.

Entre toutes, la rue de Juliers, est certainement la plus caractéristique. Vous ne sauriez vous y tromper, vous êtes en pleine Flandre flamingante. Les ia, ia y retentissent à chaque instant et si vous interrogez quelqu’un il vous répond avec cet accent générique qui, dans la bouche d’un flamand, donne à la langue française une saveur toute particulière.

Nos bons voisins transplantés à Lille, sont restés d’ailleurs fervents patriotes, fidèles sujets de Léopold, affectionnés à leur sol natal. Pas une enseigne qui ne soit comme l’écho d’un sentiment national indestructible. « Au roi des Belges » à « la reine des Belges » au « Lion Belge » au « Petit Bruxelles » à « Ste Gudule » , à la « Tour de Malines », à » la descende d’Ypres », etc. etc.

Ils sont campés en France par nécessité, leur âme est toujours là-bas, de l’autre côté de la frontière.

Tandis que je me livrais à ces réflexions, je tombais en plein dans la masse des enfants sortant des écoles ; Mon Dieu, quelle multitude ! Réjouissant spectacle que cette Belgique lilloise n’est pas seule à donner ; partout dans l’ancienne ville et dans les quartiers exclusivement français où habite la classe ouvrière, c’est la même exubérance, la même heureuse fécondité. Malgré la mortalité qui frappe les nouveaux-nés, quoique les actes d’état-civil que nous voyons reproduits dans les journaux montrent les décès des enfants en bas-âge formant, en moyenne, près des deux tiers des listes de chaque jour, les troupes de garçons et de filles sont en telle quantité dans certaines rues qu’elles en gênent la circulation.

Heureuse fécondité ! ai-je dit plus haut, et qui dans notre ville n’est pas l’apanage des seuls ouvriers. La classe la mieux favorisée de la fortune n’est pas en arrière sous ce rapport, les familles nombreuses n’y sont pas rares. La religion s’en applaudit autant que la morale.

CHON – huitième promenade mai 1885

Partager cet article

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans histoire de Wazemmes
commenter cet article

commentaires