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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 18:31

Paul Lafargue avait tout pour effrayer le bourgeois du XIX° siècle ! Teint cuivré, cheveux bouclés (précocement blanchis) , ce fils d’un tonnelier bordelais et d’une multi mulâtresse naît à Santiago de Cuba en 1842. Etudiant à Bordeaux, Paris ou Londres, militant en Espagne, parlant quatre ou cinq langues, il fait figure d’internationaliste en cette fin de siècle frileusement franco français. De plus, il a épousé en 1868 (et après avoir vaincu les réticences du beau-père !) Laura, la fille cadette du « juif prussien » Karl Marx.

Colporteur du « socialisme scientifique » il a été aux côtés de Jules Guesde en 1880 pour la fondation du premier parti « marxiste » du pays, le parti ouvrier français. Pisté par toutes les polices d’Europe, il a profité d’un séjour en prison en 1883 pour écrire un brûlot, terreur des bien-pensants et assez peu prisé par ses camarades, « socialistes scientifiques », le « Le Droit à la paresse ». Ce petit livre impatient et parfois confus garde en effet un de ces petits tons libertaires qui ne devaient guère agréer aux appareils, toujours volontiers moralisateurs. Paul Lafargue y dénonce « l’étrange folie (qui) possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste (…) l’amour du travail. »

Et péremptoire : « Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle, de toute déformation organique (…) Les ateliers modernes sont devenus des maisons idéales de correction où l’on incarcère les masses ouvrières, où l’on condamne aux travaux forcés pendant douze et quatorze heures non seulement les hommes mais les femmes et les enfants : » Et pourtant la solution existe « Idiots ! C’est parce que vous travaillez trop que l’outillage industriel se développe trop lentement . Pour forcer les capitalistes à perfectionner leurs machines de bois et de fer, il faut hausser les salaires et diminuer les heures de travail des machines de chair et d’os ».

Bref, il faut « défendre à tout homme de travailler plus de trois heures par jour » pour le laisser se livrer à la « paresse ; mère des arts et des nobles vertus ».

En somme, Lafargue veut tout de suite l « civilisation des loisirs », celle où l’homme passera le plus clair de son temps à se cultiver lui-même.

Cette utopie là, il ne la reniera jamais. Ce qui lui vaudra quelques suspicions de la part des dogmatistes de son propre parti. Mais Paul Lafargue ne changera pas. En 1911, alors qu’il approche de ses 70 ans, âge limite qu’il s’était fixé de crainte de la déchéance physique et intellectuelle, il se suicidera au cyanure. En compagnie de Laura.

La Voix du Nord du8 novembre 1991 à suivre ...

Paul Lafargue précocement blanchi

Paul Lafargue précocement blanchi

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Histoire de Wazemmes
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commentaires

trafic organique 12/11/2014 03:44

Merci beaucoup pour cet extrait de littérature. Continuez.