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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 09:03

SOUVENIRS LILLOIS

 

WAZEMMES, faubourg le plus peuplé de Lille, comptait en 1849 12.000 habitants, et devenait le lieu de prédilection des Lillois retirés des affaires. On y profitait de l’air salubre de la campagne, tout en jouissant du bien-être de la ville et de sa proximité.

 C’était un centre d’amusement.

Qui ne se rappelle le Pèlerin, l’établissement Meurisse, la Vieille et la Nouvelle Aventure, le Casino ?

On dansait partout ! On arrivait à Wazemmes par la Porte de Béthune

Au point de vue architectural, elle n’avait rien à envier à celle de la Barre ; construite en hâte en 1621, elle n’offrait aucun motif digne d’intérêt. Peut-être faut-il regretter pourtant que l’on n’ait point songé à en conserver le dessin avant de la démolir.

 Elle était située à peu près dans l’axe de la place de Béthune, à la hauteur de l’édicule élevé à l’entrée de la rue Gombert, (place Richebé de nos jours).

Après avoir franchi les ponts, voici à droite la rivière des Moëllons, à gauche le Grand-Carré, lieux témoins de nos exploits dans les arts multiples de la dégrioloire, du patinage, de la natation. Plus loin, la petite écluse, véritable grenouillère où l’on a de l’eau jusqu’aux genoux et où des centaines de gamins se livrent en même temps aux douceurs du plongeon.

Du haut des remparts, la vue porte sur la campagne richement cultivée. Dans les premiers jours du mois de mai, on croirait voir un échiquier dont les places claires sont les colzas, nous sommes dans le voisinage du faubourg des Malades (environs extérieurs de la Porte de Paris), et l’on ne voit dans le lointain que moulins faisant mouvoir leurs grands bras.

Les rues qui longent les remparts sont justes assez larges pour permettre le passage d’une voiture.


Dans les années favorables au patinage, toute la ville se rendait à la Citadelle pour admirer les gracieuses évolutions des patineurs intrépides parmi lesquels se distinguaient les Pins, les Vanderstraeten, les Canissié.

Ils avaient poussé l’art du patinage à un degré tel qu’ils dessinaient sur l’onde solide des fleurs, des arabesques, puis on les voyait devant le moindre obstacle ou à plaisir, s’arrêter immobiles un instant, pour reprendre ensuite leur course vertigineuse.

A la belle saison, l’eau était si belle et si bonne que l’on prenait même plaisir à la boire et voilà comment cela se pratiquait : on se couchait à plat ventre au bord du fossé : un camarade vous retenait par les pieds de crainte d’accident et au moyen de roseaux cueillis sur place, on aspirait l’eau à la façon des buveurs de Scherry Gobeleer. Certainement cette manière de se distraire n’était pas plus sans danger que celle de se placer à califourchon sur les sirènes qui se trouvaient alors en haut du Pont-Napoléon, de s’amuser à y tracer son nom avec la pointe de son canif ; de se promener sur les barrières de séparation aux abreuvoirs ; mais on ne songe pas à tout quand on est jeune, on ne voit que le plaisir du moment, les lois de la prudence sont inconnues aux jeunes garçons, ils courent joyeux au-devant du danger, même quand on ne les défie pas. Mais si on leur dit : »Tu n ‘oserais pas ! «  Sitôt c’est fait !

 

 Extrait des « Souvenirs Lillois » de Louis Legougeux. Imprimé par L. Danel en 1904

 

 

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