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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 08:59

 

 

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La restriction de l’emploi redevient la hantise des familles ouvrières. Au moment de la Révolution de février 1848, on comptera près de 10.000 chômeurs à Lille ; beaucoup sont allés tenter leur chance à Paris, jusqu’à constituer dans la capitale de véritables colonies.

 

Parmi les mendiants qui encombrent les rues de Lille, les Belges sont les plus misérables, les plus mal vêtus, au point que le Préfet obtient de la Compagnie des chemins de fer du Nord leur transport gratuit jusqu’à la frontière.

 

Car, depuis la cirse économique de 1845 qui a fait des Flandres belges une autre Irlande, des milliers de famille belges sont venues chercher du travail dans l’industrie textile du Nord de la France. Les cartons d’archives sont gonflés de demandes d’emploi, qui traduisent une misère sans espoir.

 

Cette misère n’est pas seulement le lot des ouvriers : petits fonctionnaires, employés, petits commerçants connaissent souvent une gêne d’autant plus grande qu’elle n’attire que rarement l’attention des observateurs préoccupés surtout par le sort des travailleurs de l’industrie.

 

La mère du général Faidherbe, à son comptoir de marchande de bonneterie, rue Saint-André, sous la monarchie de Juillet, ne réalise qu’un bénéfice brut de 1.000 F par an, grevé d’une patente de 176 F, et elle a 3 vendeuses.

 

En 1848, les surveillants de la prison de Lille, d’anciens militaires, gagnent 600 F par an. Et quelle pauvreté a dû peser sur ce professeur au collège de Lille, Avril de Saint-Firmin, qu’Henri Bruneel nous présente avec son « chapeau luisant » et son « carrick pistache éreinté ».

 

Cette double crise qui frappe la population Lilloise, en 1846/1847, cristallise un mélange d’aspirations politiques et sociales (élargissement du corps électoral, conscience d’une exploitation injuste des ouvriers), que la présence au pouvoir de l’indéracinable Guizot, incarnation du régime bourgeois de Juillet, empêche de réaliser.

 

Lille, cette fois, est nettement engagé dans ce mouvement qui par son ampleur, peut-être considéré comme porteur d’un monde nouveau : le nôtre. Comme ailleurs, de jeunes bourgeois –Bianchi, Testelin, Heddebault, Castelain Dutilleul, Ravet-Anceau -, animés par un sentiment romantique, plus ou moins marqués par les doctrines socialisantes et généralement gagnés au radicalisme démocratique de l’avocat parisien Ledru-Rollin, voient dans le « peuple » un réservoir de valeurs et une chance de régénération.

 

C’est grâce à eux que le banquet réformiste de Lille (1.100 convives) le 7 novembre 1847, est marqué par le triomphe de Ledru-Rollin qui, le tiède Odilon-Barrot ayant été écarté, lève son verre aux « travailleurs » et à la « démocratie libératrice »

 

 

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Achille testelin, né à Lille, le 6 janvier 1814, forme une sorte de triumvirat avec Bianchi et Dutilleul, qui servira de guide à l'opposition républicaine. Organisateur de la défense du Nord pendant la guerre de 1870, il appela un autre lillois à la tête de l'armée du Nord : le général Faidherbe. Il mourut à Paris le 21 août 1891.

 

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