Partager l'article ! LA CITE JARDIN à WAZEMMES: L'abbé LESTIENNE, dès 1910 s'occupe des jeunes avec qui il visitait les jardins ouvriers d'Esquermes, créait des s ...
L'abbé LESTIENNE, dès 1910 s'occupe des jeunes avec qui il visitait les jardins ouvriers d'Esquermes, créait des salles de lecture, un service de placement et prenait en main une coopérative de boulangerie "la famille" qui prospérait rapidement.
En 1910 déjà, il songe à créer la grande cité-jardin. En 1911, il quitte le professorat et forme une Société Anonyme.
Le 13 mai le projet est monté. L'idée directrice de l'abbé est non seulement d'offrir au peuple de Wazemmes des logements décents, mais aussi de :" frais ombrages, des jeux, des distyractions honnêtes, un bon emploi, des loisirs aux familles et à leurs enfants"
Ces cités abriteront des coopératives qui peocureront une vie à meilleur compte et abriteront d'autres institutions sociales "Les Cercles d'Etudes " : centre permanent d'éducation populaire, Cours professionnels.
Elle est inaugurée le 11 novembre 1912 par Monseigneur DELAMAIRE accompagné d'un nombreux clergé pour la bénédiction. Place des 4 chemins, la rue de la Justice s'ouvre sur cette inscription en lettres monumentales :
" Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur "
La cité jardin de la rue de la Justice est peuplée, en pleine activité, elle comprend : 46 logements et 5 magasins (dont une boulangerie). Un calvaire édifié au centre du jardin, étend son ombre tutélaire sur les foyers peuplés de nonbreux enfants.
Une habitante raconte :
C'était une cité de 7 pavillons, il y avait à l'entrée une très grosse grille en fonte qui était ouverte le matin à 8 H, jusqu'au soir à 20 H. Une petite grille sur le côté droit permettait à ceux qui avaient la clef d'entrer le soir.
En entrant , sur la gauche, il y avait le " chateau " occupé par les prêtres, une petite chapelle pour les habitants qui désiraient aller à la messe le dimanche.
La cité était verdoyante : des pelouses, des arbres, des hortensias. de la place pour jouer (interdit le ballon) des serres (entrée interdite) qui appartenaient au fleuriste situé à l'entrée de la cité. Lorsque la boulangerie s'arrêta, une petite entreprise de chaussures la remplaça.
Les appartements étaient superbes : une salle à manger où 10 personnes pouvaient se tenir, une cuisine, 3 chambres : 1 pour les filles, 1 pour les garçons, 1 pour les parents. Près de la cuisine, il y avait une cour suspendue avec les toilettes.
Un responsable passait vérifier si tout était conforme au règlement ! Nous formions dans cette cité une grande famille, filles et garçons se mariaient ensemble, ainsi tout le monde était frères et soeurs, et les parents beaux-pères et belles-mères. Quand il y avait un décès , on venait chercher Maria (c'était ma mère) tout le monde la connaissait, de même pour une naissance, maman allait chercher les grands et les amenaient à la maison (pour dormir, le cas échéant, pour laisser l'accouchée tranquille.
Puis il y eut la déclaration de guerre : 1940, certains ont évacués, d'autres sont restés, c'était une grande tristesse de voir partir les hommes pour l'Allemagne ! les vieux qui étaient restés fabriquaient des couchettes pour dormir dans les caves la nuit en cas de bombardement. Les lits étaient si durs, que les parents descendaient des tas de coussins pour les petits.
Chaque locataire possédait une cave fermant à clef, mais pour faire communiquer les caves entre elles pendant la guerre, les séparations avaient été abattues.
Bien après la guerre, il y eut un,e rénovation des logements, les toilettes de la cour suspendue ont été supprimées, la porte de la petite cour a été remplacée par une grande fenêtre. Une salle
de bain et W.C. ont été installés dans l'ancienne chambre des parents.
Des parkings ont remplacés les espaces verts, les enfants n'ont plus beaucoup de place pour jouer, c'est gris et triste ...
Le château et la chapelle ont été abattus après la guerre, à la place s'élèvent de nouveaux bâtiments : A et B.
J'ai habité 68 ans la cité, j'ai quitté mon appartement devenu trop grand pour moi qui suis maintenant seule.
Quand je retourne à la cité j'ai mal au coeur, j'ai tant de souvenirs
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