Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....

Recherche

22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 10:20

suite, d'après P. Pierrard:

Lille 10 siècles d'histoire

 

 

 

LA DISETTE

 

Dis jours plus tard, un décret impérial ordonne d’organiser des distributions de soupes à la Rumpfort (du nom du philanthrope qui les avaient créées en Bavière), mesure critiquée par le préfet qui craint une incidence sur le prix du grain , devenu rare. Durant la dernière quinzaine d’avril, 25 fourneaux fournissent 41.954 portions gratuites de soupe et 8.026 portions de pommes de terre à 10 centimes la portion.

 

A la fin de 1813, on compte à Lille 8.000 chômeurs (hommes, femmes, enfants) ; 42 filatures de coton ont fermé leurs portes. En janvier 1814, la ville doit assurer la distribution de 22.500 kilos de pain par jour aux indigents (24 F les 100 kilos).

 

L’Empire définitivement écarté (1815), les affaires reprennent. Mais voici qu’en 1816 éclate une crise d’un type nouveau : une crise de reconversion, caractérisée par l’engorgement des stocks consécutifs à l’afflux des produits anglais, enfin libérés.

 

A l’affolement, à l’inflation, à la spéculation s’ajoutent les effets d’une mauvaise récolte. Des loups sont signalés dans certaines forêts du Nord. En janvier 1817, c’est de nouveau la misère à Lille : le 20 un grand nombre d’ouvriers fileurs de coton se rassemblent au cabaret du Petit Saint Louis, rue au Péterinck, pour signer une pétition à l’encontre des « machines anglaises » qu’ils accusent de leurs maux. L’un deux écrit au préfet : « la misère dont nous sommes accablés, c’est la mort qui nous menace, car ne pouvant l’acheter du bled c’est comme s’il valait 1.000 F pour beaucoup d’entre nous qui sont absolument sans ouvrage ».

 

De fait, l’hectolitre de blé atteint alors 75 F. Le roi autorise (10 janvier 1817) la ville de Lille à lancer un emprunt de 300.000 F pour acheter des blés étrangers – russes surtout. En ville, c’est la panique : les mendiants pullulent sur les glacis* (où l’autorité municipale ne s’exerce pas) ; une épidémie de suicides se déclenche : Jean-Baptiste Hincq, 59 ans, filtier, vivant dans une cave de la rue Royale, se pend devant ses enfants ; Charles Becquet, 52 ans, filtier, cour Lottin, se jette dans le puits de la cour d’Egypte ; Isabelle Le Christ, 60 ans, dentellière, rue de la caserne Saint-André, se taille la gorge avec un rasoir ; Bernardine Ghesquière, 25 ans, fileuse, rue à Péterinck, se tue en se précipitant de la fenêtre du second étage…

 

Des bélandres de blé venant de Dunkerque sont escortées par cent gendarmes jusqu’à la Basse-Deûle ; le 30 mars la municipalité décide qu’il sera délivré, tous les jours, jusqu’à l’automne, 30.000 livres de pain, au prix de 20 centimes la livre, et qu’il sera distribué gratuitement aux plus nécessiteux pour 4.000 F de pain.

 

 

21-03-2013-1214-36.jpg

 

* les glacis sont les terrains situés au-delà des fortifications,

 

Partager cet article

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article

commentaires