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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 09:05

Les Animaux Amis de l’Homme

 

Il faut dire que l’homme du Nord aime les chiens, comme il aime toutes les bêtes : le chat, le coulon (pigeon), le lapin, le canarien (canari), ce canarien qu’il nourrit grâce au marchand de mouron, dont l’appel retentit sous les fenêtres ornées d’une cage :

 

Allons, mes p’tites pratiques

Accourez tous à m’boutique

Chercher l’mouron nouviau

Pour des p’tits ojiaux !

 

Les quiens (chiens) abondent dans les rues du Nord, comme les coulons dans son ciel. En 1879, dans la seule ville de Lille, on recense 8.802 chiens dont 2.779 dans le seul quartier de Wazemmes, le plus pauvre. Prolifération anarchique qui oblige les conseils municipaux à réagir : en 1843, celui de douai interdit en ville leur libre circulation, ce qui provoque, dans la presse locale, la parution d’une :

Humble requête des chiens de toutes races sans exception à Monsieur le Maire de Douai.

Trente ans plus tard, à Lille, un règlement municipal spécifie qu’un chien reconnu sans maître sera mis en fourrière et abattu après 5 jours ; les propriétaires sont donc invités à faire « enregistrer » leurs bêtes. Décision qui allume la colère du bon chansonnier Decottignies obligé lui aussi d’aller à l’bureau des quiens où on lui réclamera deux francs par bête. A ce prix-là, les contrevenants pullulent ; aussi les rues du Nord voient-elles apparaître l’carette à quiens, la grande caisse rectangulaire, sinistre et noire, aux allures de cercueil où, sous l’œil des agents en longue tunique grise, des employés jettent les chiens errants, capturés au moyen d’une espèce de lasso.

 

Ce n’est pas pour cela que les animaux disparaissent des villes. On y voit des fermières apporter leurs légumes sur leurs ânes. De toute manière, la ferme, la cense n’est jamais loin de la ville ; elle est même parfois dedans. Vacheries, porcheries et triperies abondent dans l’Arras de 1850. A la même époque, on compte encore 24 vacheries à l’intérieur de Lille ; Douai, à l’intérieur de ses remparts abrite 29 fermes. A Roubaix-Campagne, au début du XX° siècle, 598 hectares sont encore consacrés à l’agriculture.

 

Aussi n’est-il pas rare de voir les rues étroites des villes envahies par un flot beuglant ou bêlant de vaches ou de moutons poussés par quelques valets de ferme. Des chèvres aussi, conduites, comme au temps de Virgile, par un chevrier jouant du fifre ou du pipeau et qui, faisant halte ici et là, vend le lait trayé sur place à ceux et à celles qui lui présentent leur verre ou leur charlet (récipient métallique avec couvercle entrant dans le goulot du récipient).

 

Les jours de foire et d’abattage, les troupeaux s’agglutinent aux portes où les employés de l’octroi les marquent d’une croix rouge ou bleue avant de les pousser dans la ville.

 

                                                                                                 

                                                                  d'après P. Pierrard "la vie quotidienne dans le Nord au XIX° siècle.

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