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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 17:55

                                                                                                                                                                             suite de P. Pierrard :

                                                                                                                                                                LILLE : 10 siècles d'histoire

 

 

LES TRAVAILLEURS

 

 

   Des courettes ou « rues à sacq », une centaine ont survécu aux aléas de l’histoire. Saint-Sauveur est le ghetto de toujours malgré le percement, entre 1835 et 1838, de la rue Wicar : on y vit, dans des conditions d’insalubrité tragique, une population attachante mais qui mettra de longues années à franchir le seuil du sous-prolétariat.

 

   Ville humide, marquée par le climat océanique et parcourue par un lacis de canaux qui, de temps immémorial, servent à l’industrie et qui mal curés, altèrent l’atmosphère. Ville sur laquelle va s’épaissir le manteau de « noirets » tissé par les manufactures où la machine là vapeur a été installée.

 

    Ville dont les voyageurs disent cependant le charme qui tient moins à ses monuments – elle n’en a guère – qu’au mélange pittoresque militaire (7 portes, 5 casernes, 4.000 hommes) et de l’activité commerciale.  Tous sont frappés par l’animation des rues : chariots transportant les produits de l’industrie, chevaux des militaires et des bourgeois, fiacres, vinaigrettes tirées par le « ch’val chrétien » et poussées par un « pouss’cu », chiens de trait qui, deux par deux, transportent les razières de charbon et aussi les livraisons des bouchers et des laitiers.  

 

    Sans oublier les « petits tonniaux » de vidange traînés par les bernadiers, ni les bestiaux de la trentaine de petites fermes  que Lille renferme encore vers 1850. Cris de la rue et de ses marchands ambulants, appels des cochers, claquement des fouets, plainte lointaine des clairons, éclat du cuivre battu par le crieur des rues. « Et dès l’aurore on est réveillé par le bruit des moulins à vent et de leurs marteaux ; à ce bruit du dehors se mêle celui des machines du dedans… ». (F. Grille).

 

   Les 300 moulins de Wazemmes avec leurs grandes ailes garnies de toile rouge (en 1833, le secteur de Moulins-Lille est détaché de Wazemmes) constituent alors l’une des grandes attractions de Lille. Et quand le vent est à l’ouest, les Lillois disent : « les moulins buquent à liau ». Mais voici qu’en 1845 la firme Wallaert frères installe à Moulins-Lille une grande filature de lin ; alors surgissent autour de la triste église Saint-Vincent-de-Paul (1838/1848) les petites maisons d’un faubourg usinier et pauvre. Les moulins replieront l’un après l’autre leurs ailes souillées par les noirets des fabriques.

 

   Et tandis qu’Esquermes – au milieu des ses frondaisons et de ses eaux – résiste plus longtemps à l’assaut de l’industrie, Fives et Wazemmes voient leurs guinguettes (la nouvelle Aventure, le pèlerin, Labis,…) et leurs chemins bordés de lilas et d’églantines menacés – en attendant d’être submergés – par la montée des manufactures, qui traînent avec elles tout un monde sordide de rues particulières et de courées aux visages aveugles.

 Et là où résonnaient les rigodons vont retentir les cloches des usines ; là où se cachait la guinguette agreste vont proliférer les estaminets et les taudis.

 

 

moulin Barre

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
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