Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....

Recherche

21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 10:47

LES PLAISIRS ET LES JEUX

 

Les gens du Nord au XIX° siècle forment une vaste société festive dont le temple sera le cabaret.

Mais cette société n’est pas homogène. En simplifiant à peine, on peut dire qu’elle comporte une minorité de « riches » - industriels, rentiers, négociants, grands bourgeois de tout poil – et une masse de « pauvres », ouvriers de la terre, de la mer ou de l’industrie.

Ces deux sociétés ne se mélangent pas, et surtout pas lorsqu’elles s’amusent. Aussi ont elles chacune leurs lieux de retrouvailles ; le « pauvre » a le cabaret, l’estaminet ; le « riche » a ses vastes salons où punchs, dîners, raouts, bals réunissent les gens de son bord ; il a aussi ses cercles, ses cafés.

 

A Roubaix, au Cercle de l’Industrie, les industriels, le soir, font volontiers une partie de Whist ou de bouillotte. Lille, ville bourgeoise par excellence, est évidemment favorisée avec : le Café de Paris, le Café du Théâtre, l’Hôtel de Bourbon, le Café Lalubie – un Tortoni à la mesure de la province, et puis et surtout le Cercle du Nord, ouvert le 7 janvier 1849, installé rue Saint Jacques dans le bel hôtel du Maisniel complètement rénové et dont les salles de jeux de billard, la tabagie, la bibliothèque et, surtout, la salle de concert, due à Colpaert, sont la fierté de la grande bourgeoisie de Lille et des environs.

Cercle select, à la cotisation élevée – 83 francs en 1867 -, ce qui ne l’empêche pas de compter 1.100 membres ; pour donner à ses concerts tout le brio nécessaire, il n’hésite pas à engager des vedettes telles que Mme Carvalho qui, en 1860, demande un cachet de 1.400 francs, battue en cela par Mme Kraus qui, en 1866, touche 2.000 francs par soirée.

 

Un autre chez soi : le cabaret

 

Le cabaret, c’est différent. Ce n’est pas un complément du « chez soit », c’est véritablement un autre « chez soi », plus chaud, plus vaste, plus accueillant que le vrai. Le cabaret c’est exactement, pour reprendre une expression d’E. Leroy-Beaulieu, « l’église de l’ouvrier ».

 

Au fur et à mesure que le siècle avance, la prolifération des cabarets s’accélère ; les chiffres s’emballent. A Lille, 1.600 « débits de boissons » en 1859 , 3.900 en 1890, 2.100 en 1900.

 

A Bailleul ; 167 débits pour 7.128 habitants… Proportion semblable dans les campagnes : une petite commune de l’Artois, Haisnes, qui a 9 cabarets en 1860, en groupe 39 en 1900 ; il est vrai qu’entre temps, elle a été englobée dans la zone minière de Béthune.

 

Aucune législation n’arrive à stopper cette invasion. Les gouvernements s’en inquiètent. D’abord parce que le cabaret est le lieu privilégié des conciliabules politiques et des chants subversifs ; là, sur les tables marquées de bière, s’étalent les journaux. Après 1880, traqués dans les entreprises, les chefs socialistes, comme Henri Carette à Roubaix, Gustave Delory à Lille, Alfred Delcluze à Calais, se feront naturellement cabaretiers, leur salle et leur arrière-salle constituant une « cellule » idéale.

 

20-02-2013-1841-17.jpg

Gravure de Boldoduc.

 

Le café des Arts était situé au Vieux Marché aux Poulets (rue du Molinel)

Partager cet article

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article

commentaires