Partager l'article ! LILLE, la voisine envahissante: Avant le XII° siècle, elle ne comprenait pas plus de dix hectares, soit dix fois la Grand'Place actuelle. ...
Avant le XII° siècle, elle ne comprenait pas plus de dix hectares, soit dix fois la Grand'Place actuelle.
Les trois premiers agrandissements ne firent que développer l'enceinte de la ville; mais à partir du quatrième agrandissement datant de 1603, nous voyons le territoire le territoire de Wazemmes diminuer au profit de sa puissante et quelque peu avide voisine, dont chaque progrès ne fait qu'aiguiser l'appétit et préparer les voies à l'absorption totale.
L'agrandissement de 1603 était projeté depuis longtemps. En 1562, les échevins avaient présenté à Marguerite de Parme, régente des Pays-Bas, une requête sollicitant l'autorisation d'agrandir la ville, depuis la porte des Malades jusqu'à celle de la Barre, Mais les troubles religieux qui survinrent et le gouvernement despotique du duc d'Albe firent ajourner ce projet. En 1598, sous le gouvernement des archiducs Albert et Isabelle, les échevins renouvelèrent leur demande et furent assez heureux pour obtenir gain de cause par une ordonnance du 4 juin 1603. Toute la partie annexée comprenait la rue de Denain, les bains Lillois, la rue Lydéric, la place Jacquart, la rue Jeanne Maillotte, la place Richebé, la rue Gombert, les squares Jussieu et Dutilleul, d'une superficie de 115 hectares, et diminuait d'autant notre territoire. Les fortifications correspondantes furent achevées en six années.
Pour permettre à la ville d'élargir son enceinte, Michel d'Esne, évêque de Tournai, et seigneur de Wazemmes, renonça à ses droits sur quelques terrains englobés dans le nouveau périmètre. Bien vite, des difficultés s'élevèrent pour désigner la paroisse à laquelle appartiendrait ce territoire ainsi enlevé et incorporé à la ville de Lille.
Wazemmes avait des droits incontestables. Pour lever toute difficulté, l'Échevinage de Lille écrivit à l'évêque de Tournai ; il lui dit que les chemins qui conduisaient à l'église de Wazemmes étaient si fangeux qu'il était difficile d'y parvenir; d'ailleurs il ne convenait pas que "des habitants de ville fussent paroissiens d'une église de village". Il suppliait en même temps l'évêque de permettre aux habitants qui avaient élevé des maisons de grand prix sur cette partie annexée, d'être paroissiens des paroisses adjacentes. De plus, il promettait de justes indemnités à la cure de Wazemmes. Ces raisons étaient excellentes. Il arriva en effet qu'en 1605 le cadavre d'un nommé Dufresne ne put être « convoyé » à Wazemmes, à cause de la difficulté des chemins.
Celle-ci décida que les maisons comprises dans la nouvelle enceinte seraient annexées aux anciennes paroisses et qu'une nouvelle église n'était pas nécessaire.
La question était résolue; la ville, autorisée par lettres patentes des Archiducs Albert et Isabelle, paya une indemnité annuelle au curé et au clerc de Wazemmes 2. En somme, cet agrandissement profita aux paroisses de Saint-Maurice, de Sainte-Catherine, de Saint-Etienne et de Saint-Sauveur.
L'évêque de Tournai, Michel d'Esne, écrivit au curé et aux égliseurs de Wazemmes et leur conseilla d'accepter cette proposition. On pourra plus tard bâtir une église dans ce nouveau quartier, ajouta-t-il. De fait, le Magistrat de Lille se réunit plusieurs fois pour examiner cette importante question. Le lieu dit « le Four en Pévèle » fut choisi ; l'édifice devait être construit sur le plan de l'église Saint-Maurice et la ville prenait toutes les dépenses à sa charge. Mais les curés de ville ne voulurent rien entendre ; ils s'opposèrent à ce projet et portèrent le litige en cour de Rome devant la Sacrée Congrégation du Concile.
La porte du Molinel construite vers 1300 et située dans la rue du même non un peu au-delà de la rue de l'A.B.C. fut supprimée. Elle était pourvue de barbacanes, ouvrages avancés destinés à en défendre l'accès. Elle fut remplacée par la porte Notre-Dame ou de Béthune. Celle-ci fut construite en hâte vers 1621 et offrait un certain caractère architectural. Elle était située à l'entrée de la rue Gombert, place Richebé.
« A Maistre Pasquier Legrand, prêtre, pasteur de Wazemmes, la somme de trois cens vingt livres parisis pour une année de reconnaissance arbitrée et tauxée par la Seigneurie Illustrissime nonche-appostolique à cause de la dismembration de la cure de Wazemmes et de ce que avoit été reprins au ragrandissement de ceste ville et application au faicte aux anchiennes paroisses d'icelle ville, eschue au Noël XVI° et quatorze (1614) par ledit arbitrage et tauxation dudit Seigneur, nonche appostolique, ordonnance et quittance rendues... III° XX I. (320 livres).
A Quintin Meurin, clercq de la paroisse de Wazemmes, la somme de vingt quatre livres parisis à luy accordée par Messeigneurs du Magistrat de ceste ville pour une année de reconnoissance XXIV livres ".
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