Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....

Recherche

20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 15:56

       

Notre Dame de Bohain

 

(Bulletin mensuel de l'archiconfrérie de ND de la Treille)

 

VÉNÉRÉE AUTREFOIS DANS L'ÉGLISE DE WAZEMMES.

 

  Au sujet de cette Madone, oubliée aujourd'hui, voici ce que nous lisons, en substance, dans un manuscrit conservé au sein de la famille de M. de Loos.

  Il y a un siècle et demi, ce seigneur faisait exécuter des labours dans un champ qu'il possédait sur le territoire de Wazemmes. A un certain endroit, les chevaux de la charrue se cabrèrent, et le domestique, cherchant à se rendre compte de la cause de cette frayeur, trouva sous leurs pieds une statuette émergeant du sol. Elle représentait la Sainte Vierge, et était toute noire. Il la rapporta à son maître, qui la déposa sur la tablette de sa cheminée. Le lendemain, le valet de ferme, repassant au même endroit que la veille, vit encore son attelage se dresser sur ses pieds de derrière. O surprise! la statuette était encore là. Elle avait disparu de la demeure seigneuriale pour revenir à son ancienne place. Très intrigué, M. de Loos alla consulter le curé de Wazemmes, M. Howrelacq (Ouvelacq), qui n'eut pas de peine à lui faire comprendre que la Sainte Vierge désirait une chapelle dans le champ où elle avait pris asile. Le généreux seigneur en fit les frais, et la statuette y fut intronisée sous le titre de N.-D. de Bohême (1), à cause de sa couleur. Il s'établit un courant de pèlerinage vers cette chapelle rustique, et les grâces reçues en grand nombre par les visiteurs ne firent qu'augmenter la vogue de la Madone. Des ex-voto de tous genres qui tapissaient les murs du Sanctuaire, témoignaient de la reconnaissance des infirmes soulagés ou guéris. L'affluence sans cesse croissante des pèlerins suggéra au curé la pensée de mettre la statuette à 1'église paroissiale où elle serait en mesure d'accueillir plus de monde, et où elle recevrait les honneurs liturgiques. La translation, consentie par M. de Los, fut autorisée par Mgr de Saint-Albin, archevêque de Cambrai. Elle eut lieu le 12 février 1750, à 1 heure et demie.

 

Statue-N.D.-Bohain.JPG

 

 

  Le curé; accompagné de l'abbé Wibault, son vicaire, et d'une foule de paroissiens, vint processionnellement chercher la miraculeuse image et la plaça dans une chapelle de son église, mais le lendemain matin, quand le pasteur se rendit à l’église pour y honorer la vierge, elle avait disparu ; elle était retournée dans la chapelle. Le curé ne se découragea point et ramena processionnellement N. D. en la priant  de bien vouloir choisir sa demeure dans l’église de Wazemmes où les fidèles se plurent à la visiter. Chaque samedi, le salut était chanté à ce sanctuaire qui se couvrit bientôt d'ex-voto. On frappa une médaille qui représentait sur un côté la Madone, et sur l'autre la Sainte Face. On en rencontre encore quelques spécimens chez des antiquaires de la région. Une confrérie particulière sous son vocable fut instituée avec fête principale le 8 septembre.

  La Révolution ne laissa debout ni l'église ni la chapelle rustique, premier abri de N.-D. de Bohain. Les ex-Voto en métal précieux, entre autres 50 cœurs en argent et 2 cœurs en or, furent confisqués au profit de la nation. Quant à la statuette, sa non valeur artistique écarta d'elle la convoitise. Une bonne paroissienne, la dame Rousé, parvint à s'en emparer, et lui donna l'hospitalité pendant la tourmente sociale. A l'époque du Concordat, la confrérie resta périmée; mais N.-D. de Bohain fut rendue à l'église reconstruite; son culte toutefois se trouva bien amoindri. Elle a cependant figuré sans interruption aux processions paroissiales jusqu'en 1848. A cette date, en raison de sa petitesse, et sans avoir égard aux souvenirs que rappelait son histoire, et aux grâces nombreuses dont elle avait été l'instrument providentiel, on la remplaça par une statue de saint-Joseph. Expropriée une seconde fois, elle fut reléguée chez les Sœurs de la Providence, à Wazemmes. Mais son premier propriétaire ne l'avait cédée qu'à la condition expresse d'être honorée dans l'église comme première Madone. Les clauses du contrat n'étant plus observées, les descendants de M. de Los réclamèrent à M. le curé Gadenne la statue Elle leur fut restituée, et elle se trouve encore, pensons-nous, dans cette famille, «en attendant, dit le manuscrit dont nous avons parlé, que Dieu en décide, autrement pour la vénération de cette sainte Vierge». Quant au culte paroissial de N.-D. de Bohain, il n'en reste aucun vestige. 

 

Nota: La chapelle était construite front à rue, rue Léon Gambetta, entre la rue Durnerin et la rue Degland, à l’arrière de la Résidence Lydéric n°395.

(1) une petite notice faite par les héritières de M. de Los, la nomme N.D. de Bohème, à cause de sa couleur noire. Mais les bulles e Benoît XIV, le règlement élaboré par l’évêque de Tournai, le livre composé par M. Ouvelacq, l’appellent N.D. de Bohain, probablement parce qu’à Bohain, dans le diocèse de Soissons, une vierge a été trouvée de la même façon dans un champ et a repris miraculeusement, elle aussi, la place qu’elle avait choisie.

Partager cet article

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Evolution de Wazemmes
commenter cet article

commentaires