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Evolution de Wazemmes

Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 00:00

Dénuement spîrituel et religieux :

 

D’autres ordres religieux développèrent également des écoles pour prendre en charge l’éducation des enfants d’immigrés. D’authentiques quartiers flamands s’organisèrent autour d’une église, parfois d’une chapelle (presbytère, salle de réunion, école …) Des prêtres flamands « s’expatrièrent de leur pays natal pour venir rejoindre le flot grandissant d’immigrés.

De cette manière , ils pouvaient célébrer la messe en flamand et être plus proches de leurs « brebis égarées ».

A côté de ces institutions religieuses, d’autres, d’origine privée s’intéressèrent au sort de ces immigrés. Les « Maisons du Peuple » furent alors créées dans le but « d’encadrer » ces populations. La construction de ces lieux fut permise grâce aux bénéfices des coopératives socialistes (elles fixaient le prix du café, du pain et de la bière…)

Les Maisons du Peuple copièrent les œuvres catholiques flamandes Elles furent construites sur le modèle « Vrourit de Gand ». Ces maisons logeaient les organes de la coopérative, ceux du parti politique et ceux du syndicat (souvent textile). A l’intérieur de ces Maisons du Peuple, (voir l’Union, rue d’Arras, construite par le parti socialiste de l’époque), on trouvait, un café, une boulangerie, une épicerie et une salle de spectable0 Cette salle pouvait regrouper jusqu’à 2.500 personnes. Ces établissements étaient destinés à aider les ouvriers dans leurs tâches quotidiennes. Ainsi, dans un même lieu, se rassemblaient tous les services dont la population avait besoin. Cette dernière pouvait également s’y détendre lors des spectacles.

On peut remarquer l’omniprésence des cafés, lieux très fréquentés, à cette époque. En effet, on comptait un débit de boisson pour 60 habitants à Wazemmes. Dans la seule rue de Juliers, on comptait plus de 50 cafés – épiceries.  Lesquels organisaient des jeux, des bals, des fêtes.
L’alcoolisme était devenu une véritable maladie endémique. Du fait des conditions de vie et de travail très laborieuses, les ouvriers se réfugiaient dans l’alcool. L4alcoolisme constituait un signe visible de la détresse dans laquelle était plongée cette population.

Auparavant les hommes venaient à Wazemmes pour boire un verre dans le but de se détendre, dans un cadre verdoyant, quand ils ne travaillaient pas, par la suite, ils devinrent « prisonniers » de Wazemmes et ont bu pour pouvoir supporter leurs conditions de travail et de vie.

Wazemmes, lieu de détente avant 1858, devint alors un lieu de misère sociale.

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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 00:00




Dénuement spirituel et religieux

    
 Agrandissement spirituel et religieux :

L’implantation de nombreuses industries à Wazemmes a attiré une main d’œuvre étrangère importante. Cette main d’œuvre venait essentiellement de Belgique (pays fondé en 1830), les raisons de ces déplacements massifs de population étaient nombreuses. Certains tentaient de fuit leur pays à cause de leur religion, d’autres cherchaient à éviter la misère économique qui sévissait à la même époque en Belgique.

Ces flux de population furent attirés par la montée industrielle de Lille, amis également de sa proximité avec leur pays d’origine. Cette immigration était déjà présente à Wazemmes bien avant l’agrandissement de 1858 puisque l’on comptait déjà 3.000 flamands en 1854. Elle ne cessa de s’intensifier avec l’industrialisation croissante jusqu’à dénombrer plus de 6.000 flamands sur une population totalisant 21.000 personnes en 1858.

En 1866, ils étaient plus de 20.000, se concentrant essentiellement dans les rues d’Iéna, des Rogations, (Paul Lafargue), de Juliers (Jules Guesde), Bailleul, Magenta, etc…
En 1876, Lille, abrite 51.000 belges, dont plus de la moitié à Moulins et à Wazemmes. Cette dernière fut alors appelée un temps « la petite Belgique ».

Cette main d’œuvre étrangère s’installait, notamment à Wazemmes, d’abord dans de petites chambres insalubres, puis, progressivement dans les cours. Cependant, ces ouvriers, qui connaissaient pour la plupart des conditions de travail très difficiles étaient coupés des autres ouvriers par la barrière de la langue. Comme les autres, ils connaissaient « la misère ouvrière », mais contrairement à ces derniers, il n’existait pour eux aucune communauté. En effet, ils ne comprenaient pas la messe et ne trouvaient alors pas en la religion ce guide spirituel si précieux en période difficile.

Pour combler ce manque, des institutions religieuses et privées se mobilisèrent. Ainsi se créèrent la société St Joseph et l’œuvre de St François-Régis dont le but était de prendre en charge les formalités administratives et parfois même économiques du mariage. Dans ce conditions, les ménages ainsi que les enfants nés de ces unions devenaient légitimes. Cela redonnait un cadre et une reconnaissance à ces populations.

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 15:53


- 2 – Evolution de Wazemmes après le rattachement

      Au niveau architectural

En 1858, Wazemmes a vu l’apparition dans son paysage de multiples industries. Elles étaient attirées sur ce territoire car elles y trouvaient la main-d’œuvre nécessaire au développement de leur activité. Wazemmes est alors devenu un faubourg manufacturier comme le devint Fives quelques années plutôt. Les moulins disparurent peu à peu laissant place à de hautes cheminées. Ainsi, différentes activités étaient déjà présentes sur le territoire de Wazemmes. Dans ce quartier, s’entassaient des filatures, comme les filatures FAUCHEUR, DELEBART ou encore CATEL ; des ateliers de tissage comme l’atelier SPRIET ; de nombreuses brasseries ; des tanneries et des ateliers mécaniques WALKER… Wazemmes abritait également la plus importante fabrique de céruse  de la région (oxyde de plomb, cause du saturnisme), mais aussi une usine à gaz appelée « Gaz de Wazemmes ».

On peut alors noter que Lille profita de cet agrandissement pour se « débarrasser » des industries les plus polluantes et les plus dangereuses, comme ce fut également le cas lors de l’agrandissement de Paris. Ces dernières étant reléguées dans les quartiers les plus populaires, Wazemmes n’y a pas échappé.

Toutes ces usines attirèrent une main d’œuvre étrangère importante qu’il fallut loger rapidement. Par conséquent, on intensifia l’habitat horizontal sous la forme de cours. En effet, Wazemmes se prêtait parfaitement au développement de ce type d’habitations puisqu’elle regorgeait de jardins maraîchers.
 Par ce biais, il était possible de loger une masse importante de population. De plus, les cours étaient sur le plan économique, beaucoup plus avantageuses que les jardins maraîchers.

Une cour se constituait de petites maisons alignées sur le contour d’un ancienne parcelle de jardin, délimitant ainsi une cour commune. Ces maisons ne possédaient aucun luxe, les habitants devant la plupart du temps, se contenter d’une seule et unique arrivée d’eau au milieu de la cour. De même, on y voyait également, un seul et unique « cabinet d’aisance ». Une  rigole creusée au milieu de la cour pour collecter les eaux usées, déversées ensuite dans le caniveau bordant le trottoir.

Cependant, ces maisons aussi petites étaient-elles, représentaient, dans bien des cas, un progrès pour les populations y habitant. Avant le développement de ce type d’habitat, les familles, pour se loger, devaient « s’entasser » dans une seule et unique pièce. Au départ, le terme de cour n’avait pas le sens répulsif qu’on lui connaît aujourd’hui.

L’avantage principal que représentaient ces cours était le fait de pouvoir loger ces populations à proximité de leur lieu de travail. Ainsi, étaient-elles concentrées sur un même lieu : la vie sociale, privée et celle du travail. En 1911, on dénombrait officiellement à Wazemmes 212 cours. Mais ce chiffre ne comptabilise pas l’ensemble des constructions anarchiques qui ont vu le jour tout au long de cette période.

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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 17:41

        B - Appauvrissement de Wazemmes

    - 1 – Situation avant 1858 :

Wazemmes se situe dans l’enclave du Tournaisis, propriété de l’évêché de Tournai depuis le XIII° siècle.
 De la fin du XVIII° au début du XIX° siècle, il s’agissait d’une vallée verte où on menait beaucoup d’activités agricoles et traditionnelles.
 De nombreux moulins utilisés pour moudre le blé, broyer les écorces pour les teinturiers, s’y trouvaient. En 1804, il existait près de 200 moulins aux environs de Lille.
 De plus, les eaux savonneuses, claires et non polluées de l’Arbonnoise et du Fourchon passaient dans la commune. C’est pourquoi, s’y installaient de nombreuses blanchisseries et des fours à chaux.
 Ces eaux attiraient également de nombreux industriels. En conséquence la population doubla entre 1806 et 1846.
Beaucoup de flamands arrivèrent.

Une longue tradition de divertissement était ancrée à Wazemmes. En effet, on y trouvait de nombreux estaminets (petits cafés populaires) devenus des guinguettes (lieux où l’on pouvait se divertir et danser), celles-ci vendaient du vin et de la bière, aux lillois venus là pour se détendre, attirés par la bonne humeur, et pour fuir l’insalubrité de Lille.

 La guinguette « la Nouvelle Aventure » bâtie par un noble Lillois pour être un lieu de fêtes, privé, s’imposait à partir de 1757 (reprise par un cafetier), comme la plus célèbre des guinguettes de Wazemmes. Les fêtes qui y avaient lieu, attiraient jusqu’à 5.000 personnes et généraient 12.000 F de recettes, (rasée en 1865) pour bâtir les Halles.

Il existait d’autres établissements du même type : « le Pèlerin », situé rue Gambetta, comprenant de vastes salles communes et des jardins ; le « Casino » situé à l’angle des rues d’Anvers et Montgolfier.

Le sujet de l’alcool constituait un facteur de discorde entre Lille et Wazemmes car à Lille, les droits étaient plus élevés. Wazemmes représentait donc un concurrent d’autant plus puissant, que son cadre de vie était plus agréable.

En outre, nombre de Lillois y possédaient une petite maison entourée de jardin. Ils y venaient le dimanche pour se détendre. Certains ouvriers possédaient également un petit lopin de terre.
On cultivait à Wazemmes du blé, de l’avoine, de l’orge et du colza.

A partir de 1830, le paysage de Wazemmes commença à se transformer à cause des implantations des usines et de la construction de courées pour accueillir les populations des environs également des flamands.

Son rattachement accentua encore la disparition de l’agréable cadre de vie de la commune.

A suivre.

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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 18:01

                      2 - Sur le plan socio-économique

 

        Au niveau démographique,

 

Sur ce point, Lille connut un grand bouleversement. Tout d'abord sa population passa de 70.641 habitants à 113.120 avec les populations des communes voisines. Sa superficie passa de 411 à 2.110 hectares de 1858 à 1870. Son taux de croissance atteignit 39 % de 1872 à 1876.

Cependant, le centre ville ne fut pas atteint par les problèmes de surpopulation puisque les populations étaient réléguées sur les territoires rattachés. La population ne cessa ensuite de s'accroître pour atteindre 217.807 habitants en 1911.

 

      Au niveau de la répartition des richesses,

 

En même temps, Lille s'enrichit.  En effet, la période du Second Empire correspond au plus grand développement de l'industrie Lilloise. Lille comptait déjà avant l'agrandissement quinze filatures de lin ; après 1859, on en dénombre douze de plus. Cependant, tous ne profitèrent pas au même titre de cet enrichissement massif.

 

En effet 9% des habitants détenaient 92% du patrimoine, alors que 65% en possédaient moins de 0.5%.

 

Alors que certains s'enrichissaient grâce au développement de nouvelles activités (construction mécanique...), d'autres s'appauvrissaient avec le déclin des huileries qui ont entraîné la disparition des moulins à vent  traditionnels.

 

On compte à l'époque 8% de classes dirigeantes, 59,4% de masses populaires et 32,4% de classes moyennes.

 

Ces chiffres montrent bien que seule une petite partie de la population lilloise bénéficia des nouveaux moyens matériels et humains amenés par l'agrandissement de la ville.

En effet, l'expansion industrielle de Lille n'aurait pas été possible sans une extension de son territoire (permise ici par l'annexion des terrains des communes avoisinantes), et une mise à disposition d'une main d'oeuvre supplémentaire (disponible dans ces communes).

 

                             3 - Sur le plan de l'espace urbain :

 

      Au niveau de l'aménagement des jardins,

 

 Après l'agrandissement, le centre de la ville est réorganisé.

Il fallait lui donner des jardins publics, véritables poumons qui lui permettraient de respirer et l'embelliraient sur le plan esthétique. Pierre Barillet-Deschamps (chef des plantations de la ville de Paris) proposa un projet très vaste qui devait mobiliser d'énormes sommes.

On garda de ce projet initial seulement quelques aménagements, notamment ceux concernant le jardin Vauban, le square Jussieu, et la plantation de platanes le long des grands boulevards.

Dès 1900, tous ces jardins furent mis à la disposition de la population Lilloise, mais les communes rattachées ne profitèrent pas de cet aménagement paysagé.

On constate donc que cet agrandissement permit à la ville de Lille de s'embellir d'un point de vue architectural mais aussi d'alléger la concentration de personnes dans le centre.

Tous ces aménagements ne furent possibles que grâce un emprunt de quinze millions de francs contracté par Lille. Cet argent aurait pu servir à remodeler la ville toute entière (y compris les nouveaux quartiers), malheureusement, cet argent ne fut utilisé que pour servir les ambitions et le prestige du centre-ville et de ceux qui y vivaient.

 

à suivre

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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 17:40

- Physionomie de Lille et de Wazemmes après l'agrandissement

 

                A - Embellissement de Lille

 

 

                                      1 - Sur le plan architectural

 

   Au niveau militaire,

 

Tout d'abord, comme le prévoyait le projet de Eeckmann-Lecroat, les fortifications furent démantelées. Cependant, Lille voulant demaurer une place forte et pouvoir se défendre contre ses ennemis, cette ligne de fortification fut reportée plus au Sud et à l'Ouest. Elle englobait ainsi les communes nouvellement annexées. De nouveaux remparts furent érigés au Sud pour venir se raccorder avec ceux du Nord (avenue de Dunkerque et boulevard Louis XIV).

Les anciennes portes du Sud furent supprimées (exceptée celle de Paris), mais de nouvelles furent aussitôt construites (notamment celles de Dunkerque, de Canteleu, de Béthune, d'Arras, de Douai et de Valenciennes). On remarque donc qu'il y a une volonté d'ouvrir la ville vers l'extérieur tout en préservant une ligne de défense.

 

Au niveau du centre,

 

Avec l'agrandissement aux autres communes, Lille devait réorganiser son centre pour créer un "équilibre" au sein de cette nouvelle ville. Ainsi est créé un nouveau centre, Place de la République,  avec la construction de la Préfecture et du Palais des Beaux-Arts.

Le maire de Lille, Monsieur Crespel-Tilloy, décida la construction de trois nouvelles halles alimentaires afin de pouvoir distribuer les vivres à l'ensemble des quartiers que comptait la ville nouvelle. Ces trois halles couvertes s'appelèrent :

 

      - Halle de la place Faisan (actuellement rue Solférino)

      -      -       -   -      -  de la Nouvelle Aventure

      -      -       -   -      -   de la place IX (entre la grand'place et la rue St Nicolas)

 

Au niveau des Bâtiments,

 

Suite à l'arrêt définitif du plan d'agrandissement, le 24 avril 1860, de nouvelles artères furent parcées. Lille subissait l'influence des travaux du baron Haussmann à Paris à la même époque.

Il s'agit d'occuper les nouveaux terrains récupérés après l'agrandissement. Pour cela, des concours ont été organisés notamment celui de l'Hôtel de la Préfecture en 1863, le Palais des Beaux-Arts en 1885, le théâtre Sébastopol en 1903 et enfin l'opéra en 1907.

A côté ce ces bâtiments à vocation publique, la frénésie de renouvellement de l'architecture touche également les bâtiments privés. Les architectes se sont occupés à construire : hôtels particuliers, immeublesde rapport le long des nouveaux axes. Les styles des bâtiments sont très diversifiés, combinant de grands styles historiques dont celui de la Renaissance. Les façades monumentales disparurent au profit de la diversité des styles et de l'abondance de décors enrichis par des détails anecdotiques. Cette tendance envahit tous les quartiers de la ville.


à suivre

 


 

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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 18:41


Les opinions de chacun des partis :

             1- Les Lillois

La commune de Wazemmes était considérée comme mal bâtie et peuplée de nécessiteux. La population de Lille voyait donc d’un mauvais œil le rattachement de cette commune. En effet, Lille possédait elle-même des quartiers pauvres, notamment le Vieux-Lille.
Pour prendre en charge ces populations défavorisées, la ville de Lille avait créé des « institutions » (telles les Maisons du Peuple) mais celles-ci  ne pouvaient accueillir les populations supplémentaires de Wazemmes. Ainsi la population Lilloise percevait le rattachement de Wazemmes comme une charge supplémentaire plutôt qu’un moyen de s’agrandir. On préconisa même à cette époque le rattachement de Lambersart, zone verte, sans constructions. Ainsi lors du Conseil Municipal du 13 mai 1857, Wazemmes fut rejetée du projet d’agrandissement de Lille.

Une autre frange de la population s’opposa au projet d’agrandissement : ce furent les militaires. Cependant leurs raisons furent différentes. Ils ne voulaient pas que l’on démantèle les fortifications car ils y voyaient un affaiblissement de la puissance militaire de Lille. De plus, démanteler les fortifications équivalait à démolir l’œuvre reconnue d’un homme : Vauban.

Ainsi, ces deux catégories de population se positionnaient contre ce rattachement, toutefois l’élite Lilloise n’était pas du tout du même avis. Elle y voyait d’autres intérêts…
   

      2 – Les Wazemmois

L’élite de Wazemmes était profondément contre ce rattachement. Bien avant que ce projet devienne réel, la commune de Wazemmes avait voulu affirmer son indépendance à l’égard de Lille. On remarque cette volonté dans le choix du lieu de construction de certains monuments.

La mairie de Wazemmes fut construite à l’angle des rues Gambetta et Solférino donc à une extrémité de la ville au lieu de se situer en plein centre. Positionnée de cette manière, cette mairie regardait avec « défiance » les remparts de Lille. Cet emplacement représentait un symbole important pour Wazemmes. Par ce biais, l’élite Wazemmoise réaffirmait sa détermination de rester une commune autonome.
D’autres signes sont également évocateurs de cette volonté de garder une certaine autonomie. Ainsi, le maire de Wazemmes, Monsieur Mourmant, rebaptisa certaines rues pour rappeler le souvenir de la Commune qui allait disparaître :
- la rue de Lille reprit son ancien nom de « rue Notre-Dame ».
- la rue Colbert et la rue Notre-Dame (qui en constitue son prolongement) furent réunies sous le nom de « rue de Wazemmes »,
  
- La place de l’église fut appelée « place de Wazemmes ».

Avis du dernier maire de Wazemmes, Monsieur Mourmant.


    «  L’an 1858, le mercredi 21 juillet, à 11 heures du matin, le Conseil Municipal de Wazemmes réuni aux plus imposés convoqués en nombre égal aux conseillers en exercice, s’est assemblé sous la présidence de Monsieur le Maire pour délibérer sur la question de l’annexion de la ville de Wazemmes au territoire de la ville de Lille. Etaient présents, etc. (…) L’assemblée ainsi constituée se trouvant en nombre égal pour délibérer.
Vu la déclaration du Conseil Municipal de la ville de Lille, en date du 12 février dernier, qui demande l’annexion de la ville de Wazemmes au territoire communal de la ville de Lille.
Vu les lettres de Monsieur le Préfet du Nord, en date du 10 et 15 du présent mois de juillet ;
Vu le procès verbal de l’enquête tenu le 18 et 19 de ce mois, par monsieur Lejosne, juge de Paix, commissaire délégué ;
Après une discussion approfondie, dans laquelle se sont produites diverses observations, déclarent donner son adhésion de la ville de Wazemmes et de son territoire à la ville et au territoire de Lille, en exprimant le vœu que Wazemmes soit le siège d’un arrondissement administratif municipal. »

                                                                                                                                  Source : histoire de Wazemmes par l’abbé Salembier


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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 17:32

RATTACHEMENT DE WAZEMMES



Sous le second empire (1852-1870), un décret daté du 2 juillet 1858 et signé par Napoléon III à Plombières, permit l’agrandissement de Lille grâce aux rattachements respectifs des communes de Moulins, Wazemmes, Fives et Esquermes. Puis un second décret datant du 13 octobre 1858, relia Saint Maurice des Champs à la ville de Lille.

Ces différents rattachements suscitèrent un vif intérêt chez les populations concernées. Certaines personnes perçurent cet agrandissement comme une véritable annexion. Ce terme ainsi employé n’est pas sans évoquer une certaine idée de dépendance par rapport à Lille. D’autres ont pensé qu’il ne s’agissait là que d’un simple rattachement c’est à dire la création d’un lien entre Lille et ces différentes villes.

Selon que l’on vivait à Wazemmes ou à Lille, ces changements n’ont pas été perçus de la même façon. Quelles furent donc les causes de ces perceptions multiples ? Quels furent les intérêts des deux partis : ceux pour le rattachement et ses opposants ?

Dans une première partie, nous étudierons les positions de chacun au sujet de l’agrandissement, avant le rattachement de Wazemmes à Lille. Puis, dans une seconde partie, nous nous pencherons sur les conséquences réelles de cet événement.

1), Des positions divergentes
   
    Le contexte

Lille devint Française en 1667. Dans la stratégie de Louis XIV (1638-1715), elle constituait une place forte imprenable ; une base avant à conserver absolument puisqu’elle était le nouveau pivot de défense de la France au Nord. Les fortifications de la ville furent renouvelées par Vauban (1633-1707) qui utilisa le fait que Lille sa situait en pleine zone marécageuse.
Depuis Louis XIV, ces fortifications n’évoluèrent pas à l’inverse des activités économiques. Par conséquent, au début du XIXème siècle, la ville étouffait dans ses remparts. Une des solutions prises avant de décider l’agrandissement de Lille fut le « remplissage » : la population de certains quartiers tel le quartier Saint Sauveur (autour de la mairie actuelle de Lille) fut densifiée, ce qui provoqua des conséquences désastreuses en matière de salubrité urbaine.
En outre, l’essor industriel marquant le XIXème siècle gagna la ville de Lille. Celui-ci fut permis grâce à la proximité des zones charbonnières et à l’intensification  des échanges par le développement des lignes ferroviaires.
Arrivé au milieu du XIXème siècle, la ville de Lille se trouva dans une situation où elle ne pouvait accueillir davantage de population ou d’activités. Son agrandissement fut donc envisagé.

Sur le plan de l’hygiène et de la salubrité, la malpropreté de Lille fut dénoncée plusieurs fois à partir de 1790. Même si certains efforts furent effectués comme l’apparition des trottoirs en 1830, l’insalubrité régnait en maître. Celle-ci était liée à l’humidité du site marécageux, à l’insuffisance des égouts et aux négligences du système de voirie, enfin au mauvais entretien des canaux qui constituaient littéralement des égouts à ciel ouvert.
Les épidémies de choléra de 1832, 1839, 1848 firent des ravages dans la population.
De plus, le prolétariat menait une vie de plus en plus dure à cause de l’augmentation de leurs heures de travail pour une paye misérable.
Ajouté à cela, le manque de place devint un handicap économique. Un préjudice qui se fit d’autant plus ressentir que les communes avoisinant Lille connaissaient un grand développement tant sur le plan économique que démographique. Entre 1802 et 1851, la population de Wazemmes fut multipliée par neuf, celle de Moulins-Lille par deux et celle de Fives par cinq. La population d’Esquermes demeurait rurale. La banlieue se montrait dynamique, de ce fait elle risquait d’aspirer les forces vives de Lille.

D’un autre côté, les banlieues se plaignaient d’être freinées dans leur développement par les militaires et les obstacles rencontrés sur la voie de communication avec Lille.
 En effet, il n’existait à l’époque qu’une seule voie pour pénétrer dans Lille : La voie passant par la porte de Béthune. Cette dernière était encombrée par les piétons (50.000 par jours), ainsi que par les véhicules de toutes sortes. Toutefois elles souhaitent obtenir la protection des remparts.

 

à suivre

 

Tiré du travail de : Caroline Paul et Patricia Defer (2ème année d'Infocom)

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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 17:37

rue des stations


Bâtie sur le canal des Stations, créé en 1565 à partir de la rivière de l’Arbonnoise afin d’accroître le volume des eaux dans les fortifications. Couvert en 1883.
.
Autrefois nommée rue des Stations Notre Dame.


C’était l’itinéraire des pèlerinages de Lille, depuis le couvent des Jésuites (entre le Bd de la Liberté et la rue de l’Hôpital Militaire, actuellement), vers les chapelles N. D. de Réconciliation à Esquermes et N.D. de Grâce à Loos.
Sept reposoirs permettaient aux pèlerins de prier et de se reposer, le 2 novembre 1949, des plaques, conçues par les moines de l’Abbaye de Wisques, fabriquées par un mosaïstes Lillois, rappelant ce pèlerinage furent apposées sur les façades des maisons aux endroits approximatifs des arrêts des pèlerins.

On circulait en barque et dans les années 1950/60, les enfants s’amusaient à suivre les barques d’une bouche d’égout à l’autre.


Dès les années 1868/70 fut créé un marché sur la place située au croisement des rues Solférino et de la rue des Stations.

Ensuite ce fut le marché de gros : pour la viande et les volailles sous les Halles, sur la place : les fruits et légumes. A la création du M.I.M. à Lomme, au début des années 1970, la place devint étrangement vide...


De nos jours c’est un parking, et les Halles abritent un supermarché. C’est aussi un des centres de la vie nocturne à Lille.
Le début de la rue des Stations abritait nombre de grossistes en fruits et légumes, (Honoré juste avant la
rue Charles Quint) un peu plus loin les Ets Santolaria.

Les usines étaient nombreuses dans ce secteur :


Entre les rues Meurein et Catel-Béghin : une fabrique de courroies devenue ensuite la grande concession automobile SIMCA, aujourd’hui une résidence qui ressort rue Nationale.
Juste avant la rue Colbert : au n° 74 le commerce de bois : Ets. P Sacépé & Cie, devenu garage puis en 2010 une résidence.
- Le tissage de toile Spriet-Bouchez à l’angle de la rue des Frères Vaillant.
- La filature Faucheur Frères : lin au mouillé, aujourd’hui la grande résidence avec le Shopi au R.de Ch.
- Crépel et Faucheur : confection à l’angle de la rue Henri Loyer.
- Filature de coton Delebart-Mallet à l’angle du boulevard Montebello, jusqu’à la place Cormontaigne, actuellement des résidences, avec MACIF, MAAF. Les bureaux sont restés et abritent le C.A.U.E. et le Goethe-Institut.
- Filature Henri Loyer : filature de coton à l’angle des rue Deschodt et Corbet.
Dans cette rue Corbet, il y avait un café-dineurs « Loiseau » très réputé.
Dans la rue Emile Desmet : l’imprimerie Chevalier – la fabrique de lits en fer : établissement Chaval.
La rue est bordée de maisons, de la fin du 19°, début 20°, du même style.
- Rue Chateaubriand : une fabrique de poulies en bois Verley, disparue.
Sur le Boulevard Montebello : l’usine Walker, fabrique de machines pour le textile, remplacée par le temple Antoiniste en 1946.
Au n° 143-145 : les épiceries en gros Waymel, derrière le n° 145 se trouvait une cour avec 4 maisons, rachetées par l’épicerie pour s’agrandir. De nos jours, après une très belle rénovation, ce lieu abrite 2 syndicats et une Association.
Il faut signaler le très beau rang de maisons rue Henri Loyer.

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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 16:43

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L’édifice est conçu dans le style Romano-Byzantin. La composition, l’agencement des détails sont conformes aux données de l’archéologie et pourtant l’ensemble de l’œuvre présente certains caractères d’originalité. Cet édifice, dit M. Chon, est l’œuvre capitale d’un homme qui se serait fait une place distinguée entre les architectes de Lille si la maladie et la mort * ne l’avaient frappé à l’instant où il allait donner sa mesure .Caloine avait l’hardiesse de ceux qui ont confiance en eux-mêmes et  cherchent leur voie hors des sentiers battus. L église St Pierre St Paul porte la marque d’un talent à la fois jeune et original. Il est regrettable que cet imposant édifice religieux  n’occupe, de côté qu’une sorte d’encoignure où l’effet est généralement amoindri** La tour et la flèche qui surmontent le portail ont de l’élévation, mais nous voudrions au sommet une tige qui affecterait plus visiblement à distance la forme de la croix et qui ajouterait à l’élancement. La façade un peu étroite est loin de faire pressentir les proportions du monument à l’intérieur. Dès qu’on pénètre dans l’église, on remarque l’amplitude du vaisseau, le large développement des trois nefs, du transept et de l’abside ; c’est à la fois élégant ; vigoureux et franchement personnel. Nous signalerons l’à-propos avec lequel on a utilisé pour le Chemin de la Croix les belles verrières des fenêtres ; les sujets des autres verrières sont empruntés à l’Evangile et à l’histoire ecclésiastique***  Au nombre des œuvres d’art se trouvent dans le chœur deux grandes toiles d’Alphonse Colas**** qui représentent la vocation de St Pierre et la prédication de St Paul. L’une et l’autre peuvent être comptées parmi les meilleures œuvres d’un pinceau correct et sévère. La chaire en pierre blanche, à double rampe, est d’un curieux caractère ; on lit sur les trois pans de la cuve des mots de l’évangile.
Les dimensions de St Pierre St Paul sont en rapport avec la population d’une paroisse où il arrive parfois que les fidèles ont de la peine à trouver place pour assister aux offices. Remarquer aussi la disposition des voûtes de la grande nef en bas desquelles sont ménagées en pénétration 150 niches où sont peintes des figures de saints, de grandeur naturelle, coloriées sur fond d’or à la manière byzantine.
Le maître-autel, exécuté par la maison Buisine-Rigot, fut placé pour la fête de Pâques en 1859. L’autel de la Vierge fut consacré par Mgr Desprez, archevêque de Toulouse. L’autel de St Roch fut consacré par Mgr Dennel, évêque d’Arras. L’autel du St Sacrement est avec l’orgue le seul souvenir de l’ancienne église de la rue du Marché. Les stalles en pierre d’où se détachent en relief les statues des douze apôtres, ont été exécutées par le sculpteur Heyde. Les confessionnaux dont ont admire l’élégance et l’originalité, ont été faits en 1858 et 1895.
Le grand orgue de 33 jeux sort de la fabrique Merklin et Schultze de Paris. C’est l’ancien orgue de la vieille église qu’on avait disposé de manière à recevoir des augmentations considérables. Un jury composé d’artistes, jugea en 1859, après audition, que cet instrument était complètement satisfaisant sous le rapport de la puissance et la délicatesse de la sonorité. Les sacristies ont été doublées en 1857 et 1888 par Mgr Carton.                         
La consécration de l’édifice eut lieu le jeudi 29 octobre 1857.
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La réception définitive des travaux se fit en 1858. Après diverses réductions consenties par l’entrepreneur, le montant intégral des travaux se monta à 359.369 F 59 c. dont la ville de Lille, par suite de l’annexion, paya les 2/3. D’autre part, le mobilier de l’église qui s’est accru successivement, est estimé en 1912 à 360.000 francs.

* Pierre Caloine mourut à 40 ans en 1859. Les travaux continuèrent d’après les plans qu’il avait dressés. Ce fut M. Normant, architecte qui acheva la construction.
** Les 6 maisons de la rue du Marché dont la démolition devait dégager le petit portail de l’église ne furent jamais expropriées. La disparition de ces maisons entre dans le plan général de Lille par le prolongement de la rue Brûle-Maison jusqu’à l’église.
*** Les vitraux ont été exécutés successivement par les maisons Didron et Eugène Oudinot de Paris.
**** Alphonse Colas, peintre Lillois, directeur des écoles académiques de Lille, mort subitement le 11/07/1887.


Par Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - Publié dans : Evolution de Wazemmes - Communauté : blog Ministre de la Culture
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