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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:14

Les enfants abandonnés

On leur a donné, généralement, comme patronyme le nom du lieu où on les a trouvés : Larue ou Delarue, Lacave ou Desjardins, ou aussi le nom du saint du jour où on les a trouvés : Noël, Etienne, Martin, ou parfois par rapport à une particularité physique : Leblond, Lebrun, Leroux etc…

Au temps où Lille ne compte guère plus de 55.000 habitants, ils sont plus d’un millier. Ce sont les enfants abandonnés. De nombreuses ordonnances de magistrat (1666, 1697, 1705, 1709) menacent des pires sanctions celles qui abandonnent leur enfant ou ceux qui reçoivent chez eux des femmes venues faire des couches clandestines. Ceux qui dénonceront l’abandon d’enfant ou ceux qui auront coopéré aux accouchements seront récompensés par des récompenses très conséquentes

Les promesses ou les menaces n’y changent rien, la misère accentuée par les guerres et leurs cortèges de réfugiés, le « qu’en dira t’on ? » pour les filles mères, occasionne toujours autant d’enfants abandonnés !

Leur « recueil », (ramassage dans les rues) est effectué par les « Sergents des Pauvres » qui sont chargés de les placer en nourrice dans les villages et d’aller les visiter pour s’assurer qu’ils y sont bien soignés.

Ces enfants pris en charge jusqu’à l’âge de 12 ou 13 ans par la « Bourse Commune des Pauvres » qui fut créée en 1527, administrée par les « Ministres généraux » et par un Receveur, qui tous doivent rendre compte, 2 fois l’an, au Magistrat.

Après le temps de nourrice, et jusqu’en 1730, les filles sont placées à la Maison des Bonnes Filles.

A partir de cette date, elles rejoignent la Maison des Pauvres à Esquermes. Les garçons sont recueillis aux « Bleuets » (de la couleur de leurs vêtements en toile bleue), ils rejoindront la Maison d’Esquermes en 1735.

On leur apprend à lire et à écrire ainsi que le catéchisme, mais principalement un métier, certains sont placés en apprentissage dans des ateliers de la ville.

Une discipline draconienne est strictement appliquée.

Leur entretien coûte très cher : près de 40 florins par an et par enfant, les ¾ sont pris en charge par la ville. La Bourse des Pauvres s’occupe également des nécessiteux : ses ressources proviennent principalement des dons des personnes charitables et ‘un pourcentage sur les amendes supportées par les mères qui ont abandonné leur enfant…Mais tout cela ne suffit pas tant les besoins sont grands… Perpétuellement à court d’argent, la Bourse des Pauvres doit prier le magistrat de lui accorder des subventions exceptionnelles.

Ce déficit chronique se répercute sur l’alimentation et l’entretien des enfants dont le moins que l’on puisse dire est que leur vie ne devait pas être facile et encore moins joyeuse…

Du moins lorsqu’ils étaient lâchés dans le monde, ils avaient reçu une éducation et appris un métier, on leur attribuait un petit pécule, des vêtements neufs et ils étaient suivis par l’Administration jusqu’à leur majorité…

On évalue le nombre d’enfants trouvés à environ 800 sur période de 115 ans.

un groupe d'enfants, à la fin du XIX° siècle

un groupe d'enfants, à la fin du XIX° siècle

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