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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 14:33

Constitution et Evolution de Wazemmes

a) le village, puis la commune jusqu’en 1858

L’évolution de Wazemmes est intimement liée à celle de Lille. C’est au XI° siècle que Wazemmes apparaît pour la première fois dans un document écrit ; c’est à la fois son acte de naissance et déjà la preuve d’une relative importance à cette époque.

b) avant le XI° siècle

Nous avons très peu d’éléments avant le XI° siècle, les fouilles, l’archéologie, les légendes nous apportent quelques éclaircissements. L’installation de Wazemmes remonterait à la préhistoire ; on a en effet retrouvé, rue Solférino, rue Jacquemars Giélée, lors de leur ouverture, des outils en pierre polie, des haches en bronze à la fontaine Del Saulch (environs du Palais Rameau).

Cette fontaine Del Saulch joue d’ailleurs un rôle important dans l’origine de Wazemmes, qui comme Lille se trouve dans le bas pays marécageux et forestier.

Après l’annexion de 1858, la municipalité fit percer les grandes artères, installa des squares ; les travaux mirent à jour place Philippe de Girard, une sépulture mérovingienne. Ces quelques éléments prouvent donc l’existence de Wazemmes à l’ouest de la rue des Stations actuelle.

« L’origine de Wazemmes est encore prouvée par une légende chère aux Wazemmois : la légende de Lydéric et Phinaert.

Lydéric aurait reçu après avoir vaincu Phinaert, de Clotaire II le château du Buc bâti sur une hauteur, en 611. »

En 1842, le sceau de la mairie de Wazemmes reproduisait encore cette fontaine Del Saulch. »

UNE PROMENADE BUCOLIQUE à WAZEMMES

UNE PROMENADE BUCOLIQUE à WAZEMMES

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans LE VILLAGE DE wAZEMMES
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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 09:05

Le texte accompagnant les aquarelles ne manque pas de précision, on en aura une idée par ce passage décrivant le feu d’artifice : « La machine était de trente pieds de largeur, de dix-huit sur les côtés et de soixante de hauteur, représentant le portique du temple de la piété et était soutenu de huit colonnes de lapis. La grande corniche était terminée par une balustrade chargée de bassins à flammes ; l’entablement portait, sur un piédestal surmonté de quatre grands dauphins qui soutenaient un globe couronné, où étaient représentées les armes du dauphin.

A l’entrée de ce portique, on avait placé un groupe de marbre, où était représentée la piété qui donne à la France un dauphin tenant une branche d’olivier. Les deux façades de ce portique sont ornées de médaillons du roi et des ancêtres de Mgr le Dauphin avec les légendes suivantes : au dessus du médaillon du roi « Regi Pacifico ». Au dessus de celui de Louis le Grand « Regum Maxima ». Au dessus de celui de Mgr le dauphin « Optimo Principi » et au dessus de celui de feu Mgr le Duc de Bourgogne « Principi Sapientissimo ».

*Ce personnage trop méconnu aujourd’hui du grand public cultivé, même si les historiens de Lille ne manquent jamais de le citer, était établi depuis 1715 comme libraire et relieur de livres rue des Jésuites (actuelle rue de l’Hôpital Militaire). Il était le fils d’un marchand d’images, Jacques Pourchez.

F.C. Pourchez dont le talent n’était pas de médiocre ampleur, ne fut pas reconnu de son vivant comme il le méritait et du reste il ne fit pas fortune. La preuve en est que sa cote de capitation (impôt par tête) est des plus modeste. Son œuvre est aujourd’hui conservée avec soin dans les manuscrits de la Bibliothèque municipale de Lille.

Philippe Cuignet

Directeur de la Revue du Nord et du Centre

de recherche sur l'Histoire de l'Europe du Nord-Ouest (Lille III)

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 17:45

Le corps magistral de la ville se rendit en grand apparat au Te Deum célébré à la collégiale Saint Pierre. Le jour suivant, les quatre compagnies bourgeoises (arbalétriers, arquebusiers, tireurs d’épée, canonniers) multiplièrent les démonstrations et donnèrent une tournure plus profane à l’atmosphère de liesse qui commençait à embraser la cité de la Deûle. Un grand feu d’artifice mit ensuite en œuvre une machinerie impressionnante.

Par la suite, les bateliers « firent la joute » à la lance au rivage de la basse Deûle, tirèrent « l’oie et l’anguille », puis la ville organisa un bal. Le soir, le gouverneur, le duc de Boufflers, qui ne voulait pas être en reste de magnificence, « fit jouer la comédie pour le peuple » : on représenta Dom Japhet d’Arménie suivi de l’Isle des Amazones. Le troisième jour, après un tir à l’oiseau (tir à l’arc sur une perche verticale de plusieurs mètres de haut), Boufflers convia à un festin puis à un « bal en masque »…

Le programme festif, on le constate, ne manquait pas de densité. Au cours de ces jours de fête qui mettent en mouvement l’ensemble d’une société, des détenteurs de l’autorité publique firent connaître leur joie en faisant illuminer les façades de leur demeure. Par exemple, le rewart et le mayeur de la ville décorent et illuminent leur hôtel particulier. Le fermier des vins et des bières de la ville, M. d’Aubigny fait richement orner la maison du Griffon d’Or, devant laquelle un amphithéâtre est installé pour « y donner un concert d’instrument »…

Les plus pauvres ne furent pas oubliés. Dès le premier jour, des fontaines de vin coulaient dans les rues. Les ministres de la Bourse Commune des Pauvres distribuèrent double ration de pain dans toutes les paroisses. « On conte, écrit Pourchez, qu’il y en a plus de 6.000 pour qu’ils se ressouviennent de la naissance d’un aimable dauphin et qu’ils prient le Seigneur pour la conservation de la maison de Bourbon »

Le banquet des pauvres alignés au long d’interminables tablées est demeuré célèbre grâce à l’aquarelle de Pourchez, comme du reste le repas offert aux divers orphelins dela ville (Bleuets, Bapaumes et Bonnes Filles).

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Les fêtes a lille
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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 12:46

Le corps magistral de la ville se rendit en grand apparat au Te Deum célébré à la collégiale Saint Pierre. Le jour suivant, les quatre compagnies bourgeoises (arbalétriers, arquebusiers, tireurs d’épée, canonniers) multiplièrent les démonstrations et donnèrent une tournure plus profane à l’atmosphère de liesse qui commençait à embraser la cité de la Deûle. Un grand feu d’artifice mit ensuite en œuvre une machinerie impressionnante.

Par la suite, les bateliers « firent la joute » à la lance au rivage de la basse Deûle, tirèrent « l’oie et l’anguille », puis la ville organisa un bal. Le soir, le gouverneur, le duc de Boufflers, qui ne voulait pas être en reste de magnificence, « fit jouer la comédie pour le peuple » : on représenta Dom Japhet d’Arménie suivi de l’Isle des Amazones. Le troisième jour, après un tir à l’oiseau (tir à l’arc sur une perche verticale de plusieurs mètres de haut), Boufflers convia à un festin puis à un « bal en masque »…

Le programme festif, on le constate, ne manquait pas de densité. Au cours de ces jours de fête qui mettent en mouvement l’ensemble d’une société, des détenteurs de l’autorité publique firent connaître leur joie en faisant illuminer les façades de leur demeure. Par exemple, le rewart et le mayeur de la ville décorent et illuminent leur hôtel particulier. Le fermier des vins et des bières de la ville, M. d’Aubigny fait richement orner la maison du Griffon d’Or, devant laquelle un amphithéâtre est installé pour « y donner un concert d’instrument »…

Les plus pauvres ne furent pas oubliés. Dès le premier jour, des fontaines de vin coulaient dans les rues. Les ministres de la Bourse Commune des Pauvres distribuèrent double ration de pain dans toutes les paroisses. « On conte, écrit Pourchez, qu’il y en a plus de 6.000 pour qu’ils se ressouviennent de la naissance d’un aimable dauphin et qu’ils prient le Seigneur pour la conservation de la maison de Bourbon »

Le banquet des pauvres alignés au long d’interminables tablées est demeuré célèbre grâce à l’aquarelle de Pourchez, comme du reste le repas offert aux divers orphelins dela ville (Bleuets, Bapaumes et Bonnes Filles).

...à suivre.....

Philippe CUIGNET

Vivre à Lille sous l'ancien Régime, Perrin, Paris 1999

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 17:35

LES AQUARELLES DE POURCHEZ

Philippe Guignet Directeur de la Revue du Nord

et du Centre de Recherche sur l’Histoire

de l’Europe du Nord-Ouest (Lille III).

Les fêtes politiques officielles ont suscité l’attention des chroniqueurs et laissé des traces durables dans les livres municipaux de compte et l’iconographie. Louis XIV fit son entrée à Lille le 28 août 1667 et prêta à Saint Pierre le serment des comtes de Flandre.

Le grand roi revint à Lille quatre fois en mai 1670 où il renoua avec la tradition des joyeuses Entrées. En 1671, la Fête-Dieu bénéficia de la présence du souverain.

En 1672, le passage du roi ne donna pas lieu à de grandes cérémonies officielles.

En 1680, Louis XIV assista à un spectacle sur la Grand’Place où la paix glorieuse de Nimègue conclue en 1678 et les succès du monarque furent célébrés avec éclat.

Louis XV vint à Lille en mai 1744 où il remercia Dieu de la prise de Menin par un Te Deum.

Il revint en septembre 1745 au retour d’une campagne victorieuse rehaussée par la victoire de Fontenoy.

Assurément, comme dans les autres villes des fêtes étaient également organisées par les autorités publiques à l’occasion de la naissance, du mariage ou du décès des rois, des reines et des princes du sang. Celles données en septembre 1729 à l’annonce du dauphin Louis le 4 septembre méritent de retenir l’attention pour deux raisons : elles furent d’une ampleur exceptionnelle, surtout elles ont été immortalisées par soixante-dix aquarelles offertes au Magistrat de la ville par François-Casimir Pourchez*.

Les réjouissances se succédèrent sans interruption pendant cinq jours. Le 28 septembre, comme il convient dans une société à valeurs chrétiennes, les fêtes s’ouvrirent par des messes d’action de grâce pour la naissance du premier fils de Louis XV. Une procession solennelle rassembla toutes les communautés religieuses de la ville qui étaient fort nombreuses, elle déploya ses fastes dans les rues principales de la ville.

à suivre...

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:22

En 1449, notre église avait déjà besoin de grosses réparations ; pour les effectuer, il fallut « depuis 10 à 12 ans 1.000 livres par ».

Le 27 mars 1606, une tempête détruisit le clocher, pour ne pas imposer davantage ses sujets, le seigneur de Wazemmes (évêque de Tournai) vendit les arbres du cimetière qui furent remplacés par de jeunes plants. Cette vente permit la réparation nécessaire.

En 1680, le chœur fut complètement restauré.

En 1691, on vendit une deuxième fois les arbres du cimetière pour réparations générales à l’église.

Le 15 juin 1755, la foudre endommagea gravement le clocher et les cloches. Le tambour communal, alors Sébastien Le Noir, dut annoncer les offices avec son instrument et reçut 30 patards pour ce travail supplémentaire.

Au début de la Révolution, le culte fut assuré par le curé Bouchard, « assermenté » devant la loi, mais bientôt, par la suppression du culte pendant la Terreur, l’église abandonnée devint « l’Edifice public », lieu de réunion de la « Société Populaire de Wazemmes », club jacobin terroriste. Sur le fronton du portail on fit graver ces mots : « le peuple français croit à l’existence de l’Etre suprême et à l’immortalité de l’âme », et l’église servit alors au culte de l’Etre suprême, religion créée par Robespierre. Le maire célébrait des offices religieux de concert avec un vicaire ecclésiastique, tandis que le curé Bouchard était en prison à Arras. Les registres paroissiaux portent les indications de ce singulier service cultuel. En voici copie strictement conforme :

Année 1794. Lundy, 6 janvier, fête de l’épiphanie

Mariage par le merre (sic)

Mardi 7 janvier,

Obit de l’an de J.B. Cavroy

Par le merre.

Mercredi 8 janvier

Obit des pauvres, par le vicaire, etc…

Enfin le 5 pluviôse de l’an 7 (24 janvier 1799), l’église de Wazemmes fut mise aux enchères à Douai, comme bien national. Elle fut adjugée à Durot de Wazemmes qui la paya 75.000 francs en assignats (1.500 francs numéraire), valeur de la mise à prix et faute d’autre acquéreur, au 38ème feu. Elle fut démolie, et en 1802, les matériaux provenant de sa démolition encombraient encore le cimetière environnant.

Wazemmes n’eut pas d’autre église avant 1821 ou fut construite l’église servant aujourd’hui d’école publique, rue du Marché (actuellement station de métro Gambetta). Pendant cet intervalle, les offices religieux se célébraient dans le salon du presbytère qui devint ensuite Mairie de Wazemmes (commissariat de Wazemmes place Ph. de Girard).

Humble église villageoise, notre vieux sanctuaire disparu est le meilleur élément de comparaison entre Wazemmes d’antan et Wazemmes d’aujourd’hui.

F. Vancoillie

deuxième église de Wazemmes devenue après la révolution école, accueil pendant la dernière guerre et enfin station de métro Gambetta

deuxième église de Wazemmes devenue après la révolution école, accueil pendant la dernière guerre et enfin station de métro Gambetta

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Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans HISTOIRE DE WAZEMMES
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 17:31

LES PLAISIRS ET LES JEUX

Les gens du Nord au XIX° siècle forment une vaste société festive dont le temple sera le cabaret.

Mais cette société n’est pas homogène. En simplifiant à peine, on peut dire qu’elle comporte une minorité de « riches » - industriels, rentiers, négociants, grands bourgeois de tout poil – et une masse de « pauvres », ouvriers de la terre, de la mer ou de l’industrie.

Ces deux sociétés ne se mélangent pas, et surtout pas lorsqu’elles s’amusent. Aussi ont elles chacune leurs lieux de retrouvailles ; le « pauvre » a le cabaret, l’estaminet ; le « riche » a ses vastes salons où punchs, dîners, raouts, bals réunissent les gens de son bord ; il a aussi ses cercles, ses cafés.

A Roubaix, au Cercle de l’Industrie, les industriels, le soir, font volontiers une partie de Whist ou de bouillotte.

Lille, ville bourgeoise par excellence, est évidemment favorisée avec : le Café de Paris, le Café du Théâtre, l’Hôtel de Bourbon, le Café Lalubie – un Tortoni à la mesure de la province, et puis et surtout le Cercle du Nord, ouvert le 7 janvier 1849, installé rue Saint Jacques dans le bel hôtel du Maisniel complètement rénové et dont les salles de jeux de billard, la tabagie, la bibliothèque et, surtout, la salle de concert, due à Colpaert, sont la fierté de la grande bourgeoisie de Lille et des environs.

Cercle select, à la cotisation élevée – 83 francs en 1867 -, ce qui ne l’empêche pas de compter 1.100 membres ; pour donner à ses concerts tout le brio nécessaire, il n’hésite pas à engager des vedettes telles que Mme Carvalho qui, en 1860, demande un cachet de 1.400 francs, battue en cela par Mme Kraus qui, en 1866, touche 2.000 francs par soirée.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:27

La Fête du Broquelet du 9 Mai 1855

Le Broquelet (récit d'une ancienne dentellière).

C'est aujourd'hui le 8 mai, veille de la fête du broquelet, disait madame Finesoile en s'adressant à sa nombreuse famille ; cette fête est commune aux fileurs, aux filtiers et à une foule de professions, elle était surtout jadis, celle des dentellières.

Avant de vous narrer comment on célébrait la fête du broquelet, que je n'oublie pas de vous dire qu'on désigne sous le nom de broquelet, la petite broche ou fuseau dont se servent nos dentellières, de là le nom de cette fête populaire.

Autrefois, au jour du broquelet, on voyait les façades des fabriques pavoisées de drapeaux, ornées de festons, de couronnes et d'emblèmes; on suspendait des pièces d'étoffes très rapprochées les unes des autres, traversant la rue, ornant les fenêtres, les balcons, comme au jour de la procession de Lille : c'était partout des draperies, des étoffes artistement disposée, les unes parsemées de couronnes, d'autres d'étoiles d'or et d'argent ; ailleurs s'étalaient de gracieux bouquets, des tapisseries de feuillage qui répandaient une suave odeur.

Toutes les rues étaient belles à voir, surtout celle de l'Abiette (rue de Tournai), uniformément décorée de guirlandes et de chapelets formés d'écailles d'œufs soufflés.

Oh ! Que tout cela était beau ! Puis on voyait des troupes nombreuses d'ouvriers et d'ouvrières parcourir les rues de la ville, en chantant des couplets de circonstance, ou bien encore la fameuse chanson: Barbe de l'rue d z' Etaque, du poète lillois, du joyeux Brûle Maison ; on était alors saisi d'un accès violent de gaieté qu'on ne peut définir, et l'on était obligé de s'écrier vive le Broquelet ! Et ces jeunes filles portant des couronnes de roses au milieu desquelles était attaché le fuseau de la dentellière.

Les écoles de dentellières, les dames en tête, célébraient aussi la fête du Broquelet, parce que l'on fêtait le même jour la St Grégoire, patron des écoles. Une messe était dite, où les enfants assistaient, portant des cierges ornés de fleurs et de pain d'autel (Nieules), diversement coloriés, on les conduisaient ensuite dans les faubourgs pour qu'ils pussent voir madame du Broquelet et s'amuser à leur tour, selon leur âge, et suivant les sous qu'ils avaient en poche.

En ce beau jour, les femmes seules avaient le privilège d'ordonner les divertissements, où elles invitaient leurs maîtres, leurs parents, leurs amis.

Où est-il ce temps là, fit dame Finesoile en poussant un soupir? Où est le temps où j'allais avec mes compagnes de travail danser sur la place ? Il fallait voir dans chaque fabrique les métiers enjoliés d'aubépine qui embaumait les ateliers et faisait passer le goût de cambouis et d'huile de la filature.

C'était encore le jour où le plus ancien de la fabrique adressait au patron, au nom de ses camarates, le compliment d'usage. Le maître répondait par quelques paroles affectueuses et offrait un bonus de quelques rondelles de bière. Ces jours-là, les faubourgs regorgeaient de promeneurs. Il fallait voir la Vielle et la Nouvelle Aventure. Il fallait voir le Jardin de la Compagnie, le Sabot, le Pierrot Libre et quantité d'autres lieux de réunion encombrés de fumeur, de buveurs, de danseurs !

C'était là une véritable fête, une fête populaire, la fête des gens aisés et des artisans, la fête de l'industrie et du commerce.

Heureux temps!

Aujourd'hui, la Braderie se perd, la Sainte-Anne s'éteint quasi, le lundi de Pâques se fond en eau, le Broquelet se coule. On ne peut dire que le Broquelet c'est d'aller boire dans les cantines du quartier St Sauveur et dans quelques établissements du Faubourg de Roubaix.

Cependant, voilà le Broquelet d'aujourd'hui.

Louis Vermesse

un petit atelier de tissage.

un petit atelier de tissage.

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 18:14

Le Broquelet du 13 mai 1855

La fête du Broquelet a fait accourir à Wazemmes une foule de saltimbanques et de marchands, la plaine qui est à l'entrée de la ville est couverte de baraques de jeux ; si le temps est propice, cette petite foire fera de l'argent, car pour celui qui fait le broquelet, il ne peut y avoir de fête sans le classique faubourg Notre Dame et la Nouvelle Aventure, et nécessairement, en passant et en repassant, on se paiera une représentation des « automates parlants », on entrera à la tentation de St Antoine où l'on voudra jouir du « grrrrand spectacle militaire représentant la guerre d'Orrrient !!! ». Et si l'on est blasé de ce spectacle, saturé de danse de corde, mafflé des pleurnicheries de Genièvre de Brabant, on prendra un billet à la loterie de Batiste, dans la douce espérance de gagner une queche de pain d'épice, pour un sou.

Tant qu'à jouer au Cinq pour un, dix pour deux, vingt pour quatre, où s'engouffrent, hélas! trop souvent, les gros sous du lapin d' guernier ou du rattacheur, la gendarmerie et la police seront là pour y mettre bon ordre.

Ne vaut-il pas mieux se bourrer de pommes de terre frites, d'œufs rouges ou de carrés, que de perdre bêtement son argent à des jeux de hasard ?

Mafflé : signifie en avoir assez de …

Queche : un morceau de …

Guernier : grenier

Rattacheur : l’ouvrier qui devait réparer les fils lorsqu’ils se cassaient sur les machines à l’époque cela était courant.

coussin années 1895/1899

coussin années 1895/1899

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 18:49

La Filature VRAU

En observant quelques instants l’hôtel particulier de la rue du Pont-Neuf … mais oui la maison n’est pas droite! Les fenêtres du premier étage penchent dangereusement vers l’arrière ! Nous nous trouvons là devant les établissements Vrau.

Philibert Vrau rachète ces habitations pour en faire une filature de lin en 1827.

Les machines à vapeur situées dans la cour entraînaient les courroies des machines installées au premier étage. La tension de ces courroies de transmission qui passaient par les fenêtres a définitivement changé la physionomie du lieu.

Les camions chargés de ballots de lin défilent sur les pavés, les ouvriers grouillent dans la rue, tandis que la Deûle s’écoule non loin de là : une partie de la production est exportée vers l’Allemagne et le Nord de l’Europe.

Philibert Vrau, figure du patronat catholique lillois, développe notamment le fil

« au Chinois », très solide.

Notre industriel a pour beau-frère Camille Féron Vrau, ils ont grandi et étudié ensemble. Camille, né en 1831 à Lille, entreprend des études de médecine à Paris. Il revient en 1858, et se consacre à l’aide aux indigents et à l’étude de l’anatomie.

Il épouse Marie, la sœur de Philibert en 1861 ; ils auront quatre enfants.

De son côté Philibert, né en 1829, a fait vœu de chasteté après sa conversion au catholicisme en 1854.

En 1866, l’entreprise Vrau rencontre un tel succès que Camille doit seconder son beau-frère. Ensemble, ils fondent l’association des patrons chrétiens et mettent en œuvre des actions visant à améliorer les conditions de vie des ouvriers.

Ce sont les fondateurs également en 1876 de la faculté catholique de Lille, toujours fréquentée par les étudiants et soutenue par le patronat régional. Bien entendu, le docteur Féron-Vrau s’occupe plus particulièrement de la faculté de médecine et de pharmacie.

Petite anecdote : dans cette faculté (56, rue du Port), on peut admirer encore aujourd’hui des moulages en cire très réalistes des maladies de peau, ainsi que des organes conservés dans du formol (âmes sensibles s’abstenir…) Dans la chapelle sont conservés les cœurs des deux beaux-frères, protégés dans une boite métallique, ils reposent, selon leur volonté, derrière une mosaïque à leur nom. Ainsi toujours unis par leur indéfectible amitié, même dans la mort (en 1905 pour Philibert, 1908 pour Camille). Leur procès en béatification, entamé en 1912, n’a jamais abouti.

En 1947, leurs corps sont exhumés du cimetière de l’Est pour être installés dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame de la Treille. Et l’on peut découvrir le visage de Philibert Vrau sur un vitrail du chœur de l’église Saint Philibert (9, rue Berthelot), en partie construite par la famille Vrau en 1911.

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