Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Profil

  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....

Recherche

12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 08:05

 

Poubelle :

 

Au XIX° siècle, la salubrité des voies publiques était un réel problème, de nos jours à Wazemmes, c’est toujours un problème récurrent… auquel la solution miracle est toujours à trouver !!!

 

Un certain préfet de l’Isère, frappé par la malpropreté des rues de Grenoble, tenta, mais en vain, d’y remédier. Nommé préfet de la Seine en 1883, il imposera, par une ordonnance du 15 janvier de l’année suivante, l’usage des boites à ordures et leur ramassage quotidien : « Le propriétaire de chaque immeuble devra mettre à la disposition de ses locataires un ou plusieurs récipients communs pour recevoir les résidus de ménage »

 

Le bon sens populaire fera le reste. Comment appeler autrement que « poubelle » ce nouvel ustensile quand ce préfet révolutionnaire se nommait lui-même poubelle !!!

 

poubelle.jpg

 

Mouchard :

 

Nous sommes dans la seconde moitié du XVI° siècle, à Paris. Le massacre de la Saint-Barthelémy a déjà eu lieu ; mais la chasse aux huguenots se poursuit encore.

Un certain professeur à la Sorbonne, Antoine de Mouchy, qui enseigne la philosophie et la théologie, va mettre un zèle sans limite à traquer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un calviniste.

Pour ce faire, il n’hésite pas à recruter une cohorte d’espions pour exécuter ses basses œuvres. Bientôt, on ne désignera plus ses sbires que du nom de leur patron : les mouchards.

 

 

11-05-2013-1204-10.jpg

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 08:01

« Ces Mots qui ont un Nom »

 

Calepin : Ambrogio Calepino, n é à Bergame ver 1440, était un moine de l’ordre de St Augustin. Ce religieux studieux consacra toute sa vie à la rédaction d’un Dictionnaire de la langue latine, publié en Italie en 1502.

 

Ce livre connut un succès sans précédent. En effet, des traductions en français, en allemand et en anglais virent le jour ; les rééditions se succédèrent. Il faut dire que ce moine, fort érudit, avait réalisé un condensé de toutes les sciences de l’époque.

 

On se mit donc à consulter le Calepino, comme aujourd’hui on se plonge dans le Larousse ou le Littré. Par extension, on donna le nom de « calepin » à tout recueil d’informations et de renseignements pratiques. A l’usage, le petit carnet indispensable, où l’on note soi-même toutes sortes de choses, fut appelé « calepin »

 

Sans toujours le savoir, nous honorons quasi quotidiennement la mémoire du savant lexicographe italien de la Renaissance.

 

calepin.jpg

 

Silhouette : C’est en 1709 que naquit à Limoges Etienne de Silhouette. Maître des requêtes, puis chancelier du duc d’Orléans, il devint en 1759, grâce à Madame de Pompadour, contrôleur général des Finances. Silhouette va alors prendre des mesures économiques draconiennes.

 

Son impopularité est telle que Louis XV le démet de ses fonctions au bout de quelques mois. Silhouette a déclenché la fureur de tous. Ses nombreux ennemis s’acharnent à le ridiculiser : Monsieur de Silhouette est un personnage austère, vivant chichement. On désignera donc de son nom les habits étriqués que portent à la Cour certains nobles, en guise de protestation contre les mesures du contrôleur.

 

Ces silhouettes, ou esquisses de vêtements, désigneront bientôt des ébauches de dessins croquant le sieur de Silhouette, en référence à sa pingrerie et à son passage rapide aux affaires.

 

La mode de ces portraits « à la silhouette » était lancée. Le mot entra dans le Dictionnaire de l’Académie française en 1835.

 

09-05-2013-1755-41.jpg

 

 

Symbole de pingrerie, tête de rat et  ses doigts sont des pinces

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 08:12

suite...

d'après P. Pierrard;

Lille : dix  siècles d'histoire.

 

 

 

 

Le département du Nord  - son chef-lieu moins que les autres villes – ne manifesta jamais un bonapartisme convaincant. Le neveu de l’empereur lorsqu’il se présenta en 1848, aux élections pour la présidence de la république, recueillit, dans l’ensemble de la France cinq fois plus de fois que le général Cavaignac, à Lille, il ne dépassa Cavaignac que de 20.000 voix (105.000 contre 85.000), dans le quartier de Saint-Sauveur, que 383 voix de plus…

 

On est dès lors en droit de se demander comment la population lilloise – malgré l’annonce du rétablissement du suffrage universel – va accueillir le coup d’état du 2 décembre 1851. En fait, il ne se passe pas grand-chose à Lille. Les chefs démocrates, surpris et tout de suite traqués, sont dans l’impossibilité d’organiser une résistance efficace, privés qu’ils sont de l’aide d’une population démoralisée et peu politisée.

 

La presse de gauche – l’Echo du Nord, le Messager du Nord – proteste bien contre le coup de force, mais le Préfet Besson fait poser les scellés. Au Conseil Municipal, Testelin cadet, le brasseur, se lance dans un discours protestataire : le maire Bonte-Pollet, vieux montagnard rallié, lui coupe la parole en levant la séance. Quelques heures plus tard, Testelin est dans les casemates de la citadelle en compagnie de plusieurs démocrates : Fémy, Guilloux, Gramain ; Chauveau, Dewarlez, Leloir. Cependant, le mandat d’arrestation n’atteint pas Bianchi, Dusautoir et Degresse (qui ont pu s’enfuir en Belgique puis en Angleterre). Testelin aîné, représentant du peuple, est expulsé directement de Paris par Persigny : il se réfugiera à Bruxelles.

 

La plupart des fonctionnaires adhèrent au coup d’état : « Vous les avez mis entre leur conscience et leur pain », écrit l’avocat Pierre Legrand, doyen des conseillers de préfecture, qui, dans une lettre cinglante adressée à Besson (6 décembre), explique pourquoi lui et son collègue Dubigny refusent d’adhérer à un coup de force qui « fait de nos soldats des prétoriens et de nos fonctionnaires des esclaves ». Legrand et Dubigny sont révoqués.

 

Bientôt est annoncée l’organisation d’un plébiscite destiné à ratifier le coup d’état. A Lille se forme un Comité général des Amis de l’ordre et de la conciliation qui demande aux Lillois de voter affirmativement. On y trouve la plupart des grands bourgeois d’affaires qui, dans la bonne tradition de la bourgeoisie locale, entérine l’arrivée au pouvoir d’un régime d’ordre, garant de la prospérité.

 

Le plébiscite du 21 décembre 1851 est, dans le Nord, un triomphe pour Louis-Napoléon qui obtient 224.156 oui sur 239.048 votes exprimés. Une tache dans ce tableau : lille, qui rassemble 11.520 des 13.917 non du département. La proportion des votes négatifs y est de 35 % (6 % dans le département) mais elle atteint 49 % dans deux sections des cantons de l’est de la ville, les plus ouvriers. A Wazemmes même, il y a 30 % de non.

 

28-03-2013-1734-36.jpgCortège de l'empereur et de l'impératrice à l'entrée de la rue Impériale (devenue rue Nationale en 1867)

 

 

I quéot d'liau à toison.

Comm'un dragon, l'impératrice

fraique jusqu'à s'quémiche,

Ell' a su poursuiv' sin qu'min...

Gramin d'gins ont restés émus

D'vir l'impératrice si gracieuse

Elle cessot point d'faire des saluts

Et souriot d'un air joyeusse.

Ell' a r'fusé d'printe un parapluie

D'ijant pour mi l'peuple est aimable

Et j'do aussi souffrir pour li...

 

(Louis Longret)

(Litho. de Boldoduc, Biblio. Nat. Estampes)

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 09:23

Lille : 10 siècles d'histoire

                                                                                                                                                                                                            suite ...

 

 

Ce n’est pas que les membres de l’assemblée ignorent le sort des travailleurs lillois. L’enquête d’Adolphe Blanqui, en août 1848, avait été, de ce point de vue, instructive ; d’autantplus que, pris à parti par le ministre de l’intérieur Vaisse (l’ancien préfet du Nord) qui contestait ses assertions, Blanqui était retourné à Lille (février1851) accompagné de Pierre Bonaparte, d’Emile de Girardin et de Victor Hugo dont le témoignage reste à jamais gravé dans les vers connus des Châtiments : « Caves de Lille, on meurt sous vos plafonds de pierre ».

 

Mais les députés - répugnant à des mesures sociales de base – préfèrent laisser Anatole et Armand de Melun mettre en place leurs « lois charitables » et notamment la loi du 13 avril 1850 sur les logements insalubres, loi qui, dans son application, par la constitution d’une Commission municipale des logements insalubres, aura à Lille quelques résultats.

 

En vérité, la majorité de l’Assemblée craint les ouvriers. Et c’est cette crainte, qui le 31 mai 1850, l’amène à voter une loi qui, en obligeant tous les citoyens à justifier de trois ans de résidence dans la commune par le paiement d’une cote personnelle, fait passer le nombre des électeurs lillois de 15.058 à 4.524 et enlève leurs voix à 85 % des électeurs de Saint-Sauveur.

 

La zone de manœuvre de la démocratie-sociale e réduit comme une peau de chagrin. A Lille, tandis que les ouvriers continuent à subit les fluctuations de la conjoncture, le tribunal correctionnel condamne à huit jours de prison des ouvriers qui ont crié : »vive la république démocratique et sociale ! ». Le  Messager subit deux fois des poursuites de presse et constamment les assauts des catholiques de la Liberté ; le préfet patronne une Association anti-socialiste à laquelle adhèrent des manufacturiers comme Mille-Mimerel, Auguste Longhaye, Scrive-Labbé, Emile Verstraete … Dès le 27 janvier 1849, le préfet peut écrire : « Il n’existe plus de clubs dans le département  ».

 

La solidarité républicaine de Lille disparaît cette année-là. Accablée par ses adversaires bourgeois, la coopérative « l’Humanité » succombe sous les tracasseries. Elle ne survivra guère au coup d’Etat.

 

Au Conseil municipal, les treize démocrates en sont pratiquement réduits à l’obstruction ; à partir du 17 août 1851, ils n’y paraissent plus. Bonte-Pollet est décidément gagné à la réaction. Il y a pire : au Conseil des prudhommes, qui propose une politique industrielle du plein emploi et de planification, les industriels rétorquent en refusant « la politique qui veut se mêler d’une chose qui devrait rester toute industrielle ».

 

Quand Louis-Napoléon le 2 décembre 1851, instaurera le pouvoir personnel, la liberté sera déjà moribonde à Lille ; les pauvres se seront tus.

 

                                                                                                                                                                      d'après P. Pierrard

 

26-03-2013-1718-59.jpg

 

 

La Grand'Place, au milieu du XIX° siècle, est vue de la rue Esquermoise.

On remarquera que les maisons qui se trouvent dans l'alignement de la Grand-Garde,

vers la Bourse, comportent encore des vestiges de la Halle échevinale du XVI° siècle.

 

                                                                                                  (La France en miniature, Musée Comtesse)

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 09:11

                                                     suite

 

Ce n’est pas que les membres de l’assemblée ignorent le sort des travailleurs lillois. L’enquête d’Adolphe Blanqui, en août 1848, avait été, de ce point de vue, instructive ; d’autantplus que, pris à parti par le ministre de l’intérieur Vaisse (l’ancien préfet du Nord) qui contestait ses assertions, Blanqui était retourné à Lille (février1851) accompagné de Pierre Bonaparte, d’Emile de Girardin et de Victor Hugo dont le témoignage reste à jamais gravé dans les vers connus des Châtiments : « Caves de Lille, on meurt sous vos plafonds de pierre ».

 

Mais les députés - répugnant à des mesures sociales de base – préfèrent laisser Anatole et Armand de Melun mettre en place leurs « lois charitables » et notamment la loi du 13 avril 1850 sur les logements insalubres, loi qui, dans son application, par la constitution d’une Commission municipale des logements insalubres, aura à Lille quelques résultats.

 

En vérité, la majorité de l’Assemblée craint les ouvriers. Et c’est cette crainte, qui le 31 mai 1850, l’amène à voter une loi qui, en obligeant tous les citoyens à justifier de trois ans de résidence dans la commune par le paiement d’une cote personnelle, fait passer le nombre des électeurs lillois de 15.058 à 4.524 et enlève leurs voix à 85 % des électeurs de Saint-Sauveur.

 

La zone de manœuvre de la démocratie-sociale e réduit comme une peau de chagrin. A Lille, tandis que les ouvriers continuent à subit les fluctuations de la conjoncture, le tribunal correctionnel condamne à huit jours de prison des ouvriers qui ont crié : »vive la république démocratique et sociale ! ». Le  Messager subit deux fois des poursuites de presse et constamment les assauts des catholiques de la Liberté ; le préfet patronne une Association anti-socialiste à laquelle adhèrent des manufacturiers comme Mille-Mimerel, Auguste Longhaye, Scrive-Labbé, Emile Verstraete … Dès le 27 janvier 1849, le préfet peut écrire : « Il n’existe plus de clubs dans le département  ».

 

La solidarité républicaine de Lille disparaît cette année-là. Accablée par ses adversaires bourgeois, la coopérative « l’Humanité » succombe sous les tracasseries. Elle ne survivra guère au coup d’Etat.

 

Au Conseil municipal, les treize démocrates en sont pratiquement réduits à l’obstruction ; à partir du 17 août 1851, ils n’y paraissent plus. Bonte-Pollet est décidément gagné à la réaction. Il y a pire : au Conseil des prudhommes, qui propose une politique industrielle du plein emploi et de planification, les industriels rétorquent en refusant « la politique qui veut se mêler d’une chose qui devrait rester toute industrielle ».

 

Quand Louis-Napoléon le 2 décembre 1851, instaurera le pouvoir personnel, la liberté sera déjà moribonde à Lille ; les pauvres se seront tus.

 

 

.Lille :dix siècles d'histoire

par P. Pierrard

 

28-03-2013-1745-54.jpg

 

l'amour de la bière, le réconfort du peuple.

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 08:55

Lille : dix siècles d'histoire

suite...

 

La société républicaine de Lille – forte de ses 6.000 membres – prépare activement ces élections ; elle constitue un comité central chargé d’établir une liste de candidats. Ce comité trouve un appui dans le Comité radical des travailleurs du Nord à Paris, dont fait partie le lillois Darimon, secrétaire de Proudhon et qui, dans ses circulaires, appelle les lillois à voter pour « les vrais amis du pauvre, les ouvriers intelligents et actifs, des hommes qui souffrent comme nous et avec nous »…

 

Mais la liste de ces « républicains de la veille »- si elle l’emporte à Lille – est, pour l’ensemble du département du Nord, écartée toute entière au profit de celle des « républicains du lendemain » ou républicains modérés, patronnée par l’Echo du Nord », journal « libéral » mais farouchement « anti-socialiste ».

 

En tête de cette liste : Lamartine (227.000voix) qui, élu dans dix départements, optera pour la Seine. Un seul ouvrier sur les 28 députés du Nord : le serrurier lillois Félix Giraudon qui, s’il désire l’amélioration du sort des ouvriers, s’il siège au Comité du travail de l’Assemblée nationale, s’il vote contre les poursuites à l’égard de Louis Blanc, approuvera la plupart des décrets contre-révolutionnaires. En cela il ne se distinguera guère de ses pairs.

 

La défaite des radicaux lillois incite Delescluse à présenter sa démission de commissaire. Ledru-Rollin lui demande de rester Ce n’est que partie remise car, à Lille, particulièrement, la situation se détériore chaque jour davantage.

 

Des ateliers nationaux sont créés par la municipalité pour résorber une partie du chômage ; mais il ne s’agit que de travaux de terrassement payés 1,50 F par jour : creusement du bassin de la future école de natation ; transport dans le lit de la Deûle des terres amoncelées le long de la tranchée du chemin de fer Lille-Dunkerque ; déblaiement de la colline du Cirque (Motte-Madame…).

 

Ces travaux conviennent peu aux ouvriers du textile dont la majorité, d’ailleurs, reste en chômage. Aussi le mois de mais 1848 est-il à Lille « très chaud ». Des bagarres éclatent chez Wallaert, Windsor, Dequoy, industriels que les ouvriers obligent à expulser les travailleurs belges ; les vols se multiplient, provoqués par la faim ; le mont-de-piété regorge de gages.

 

Le lundi 2 mai, c’est l’émeute au chantier du Cirque ; une centaine d’ouvriers filtiers s’y étant présentés et n’ayant pas trouvé d’ouvrage débauchent les terrassiers et, avec eux, se rendent dans les manufactures pour en tirer les fileurs au travail. La garde est appelée, les émeutiers crèvent la peau des tambours, cassent les vitres des maisons ; un embryon de barricades s’élève rue Française Négrier) ; au carrefour des rues de la Barre, Esquermoise et Royale une terrible mêlée ne prend fin qu’à l’arrivée d’une compagnie de canonniers.

 

Le soir, trente-cinq ouvriers sont en prison ; treize d’entre eux seront condamnés à des peines variant de 1 à 6 mois.

 

 

25-03-2013-1649-47.jpg

 

Le général Négrier, né au Mans en 1788. Combat en Algérie.

Nommé en avril 1847 commandant de la 16° division militaire à Lille.

En 1848, à Paris, il est tué devant une barricade le 25 juin.

Son corps est ramené à Lille, où ses obsèques en l'église Saint-André revêtent une pompe extraordinaire.

Le 28 octobre 1849 sa statue, due au ciseau de Bra, est inaugurée au rond-point de l'Esplanade, face au Pont Napoléon en 1866, on la reporte à l'extrémité de l'Esplanade, devant le manège civil et près du débouché de la rue Française, devenue rue Négrier.

Criblée d'éclats d'obus en 1918, la statue sera remise en place en 1929 ; elle quittera définitivement son socle durant la deuxième guerre mondiale.

Où est-elle maintenant ?

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 09:05

 

suite...

 

En fait, l’intervention bénéfique de l’Etat ne se traduit guère que par le décret du 2 mars 1848 fixant la durée du travail à onze heures par jour. La chambre de commerce de Lille proteste, e de nombreux patrons répliquent en renvoyant une partie de leurs ouvriers ou en réduisant les heures de travail. Toussin licencie 125 de ses 250 ouvriers ; Pourez et Reboux réduisent le travail à une demi-journée ; Ovigneur diminue le salaire journalier de 25 centimes.

 

C’est alors que pour la première fois, les ouvriers du textile font front pour lutter contre l’arbitraire patronal. Le 13 mars, une trentaine d’ouvriers de la filature de Tesse-Petit refusent de prendre le travail pour une demi-journée. Le 14, de violentes manifestations ouvrières se déroulent sur la Grand’Place ; la filature Yon, rue du Maire, est envahie par des centaines d’ouvriers qui crient : « A bas les Belges ! » persuadés que les industriels gardent au travail – au détriment des autochtones – la main-d’oeuvre belge, plus dure au travail, moins exigeante et qui présente l’avantage de ne pas être assujettie au service militaire. Rue de Thionville, des boulangeries sont pillées.

 

Alors Delescluse, le 15 mars, convoque à la préfecture trois industriels (Bonami-Defrenne, Vantroyen, Vernier), membres du Comité de la filature de coton, et trois représentants des ouvriers des filatures lilloises (Fleuriot, Courrière, Loyer).

 

Evénement inédit, réunion capitale, premier essai de commission paritaire ; il y est décidé que le temps de travail dans les filatures de Lille sera ramené à 9 heures par jour, et que pour cette prestation, le salaire – retenues comprises – ne sera pas inférieur à 2 F. Ces résolutions ne résisteront pas au temps.

 

Le 17 mars, nouvelle réunion paritaire, pour une augmentation de salaire, entre représentants de l’industrie des fils retors. La foule d’ouvriers qui stationne devant la préfecture ne voyant rien venir se répand en ville et dans la commune de Wazemmes, forçant les ouvriers à sortir des ateliers. La garde nationale et la troupe interviennent : deux barricades faites de tombereaux sont érigées rue Sans-pavés. Finalement, après quelques arrestations opérées rue de Paris, le calme revient.

 

Le 20 mars, 1.500 fileurs réunis à l’hôtel de ville se constituent en Société républicaine des fileurs de coton de Lille (Union fraternelle) présidée par Thérousse : elle est immédiatement affiliée à la Société centrale républicaine radicale que préside Bianchi. Celui-ci devient alors le défenseur des ouvriers dans les colonnes du Messager du Nord ; en même temps il appelle la population ouvrière lilloise au calme, lui laissant espérer un heureux résultat lors des élections du 23 avril – les premières qu Suffrage universel – pour la formation  d’une Assemblée nationale.

 

Comme disait le populaire : »L’votache, ché l’revanche de l’ouveurier cont’ eul bosse ».

 

La Société républicaine de Lille – forte de ses 6.000 membres – prépare activement ces élections.

 

 

Lille : 10 siècles d'histoire

d'après P. Pierrard

 

24-03-2013-1752-08.jpg

Le télégraphe de Chappe permet de communiquer avec le ministère à Paris

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 08:59

 

 

suite

 

 

La restriction de l’emploi redevient la hantise des familles ouvrières. Au moment de la Révolution de février 1848, on comptera près de 10.000 chômeurs à Lille ; beaucoup sont allés tenter leur chance à Paris, jusqu’à constituer dans la capitale de véritables colonies.

 

Parmi les mendiants qui encombrent les rues de Lille, les Belges sont les plus misérables, les plus mal vêtus, au point que le Préfet obtient de la Compagnie des chemins de fer du Nord leur transport gratuit jusqu’à la frontière.

 

Car, depuis la cirse économique de 1845 qui a fait des Flandres belges une autre Irlande, des milliers de famille belges sont venues chercher du travail dans l’industrie textile du Nord de la France. Les cartons d’archives sont gonflés de demandes d’emploi, qui traduisent une misère sans espoir.

 

Cette misère n’est pas seulement le lot des ouvriers : petits fonctionnaires, employés, petits commerçants connaissent souvent une gêne d’autant plus grande qu’elle n’attire que rarement l’attention des observateurs préoccupés surtout par le sort des travailleurs de l’industrie.

 

La mère du général Faidherbe, à son comptoir de marchande de bonneterie, rue Saint-André, sous la monarchie de Juillet, ne réalise qu’un bénéfice brut de 1.000 F par an, grevé d’une patente de 176 F, et elle a 3 vendeuses.

 

En 1848, les surveillants de la prison de Lille, d’anciens militaires, gagnent 600 F par an. Et quelle pauvreté a dû peser sur ce professeur au collège de Lille, Avril de Saint-Firmin, qu’Henri Bruneel nous présente avec son « chapeau luisant » et son « carrick pistache éreinté ».

 

Cette double crise qui frappe la population Lilloise, en 1846/1847, cristallise un mélange d’aspirations politiques et sociales (élargissement du corps électoral, conscience d’une exploitation injuste des ouvriers), que la présence au pouvoir de l’indéracinable Guizot, incarnation du régime bourgeois de Juillet, empêche de réaliser.

 

Lille, cette fois, est nettement engagé dans ce mouvement qui par son ampleur, peut-être considéré comme porteur d’un monde nouveau : le nôtre. Comme ailleurs, de jeunes bourgeois –Bianchi, Testelin, Heddebault, Castelain Dutilleul, Ravet-Anceau -, animés par un sentiment romantique, plus ou moins marqués par les doctrines socialisantes et généralement gagnés au radicalisme démocratique de l’avocat parisien Ledru-Rollin, voient dans le « peuple » un réservoir de valeurs et une chance de régénération.

 

C’est grâce à eux que le banquet réformiste de Lille (1.100 convives) le 7 novembre 1847, est marqué par le triomphe de Ledru-Rollin qui, le tiède Odilon-Barrot ayant été écarté, lève son verre aux « travailleurs » et à la « démocratie libératrice »

 

 

24-03-2013-1653-48.jpg

 

 

Achille testelin, né à Lille, le 6 janvier 1814, forme une sorte de triumvirat avec Bianchi et Dutilleul, qui servira de guide à l'opposition républicaine. Organisateur de la défense du Nord pendant la guerre de 1870, il appela un autre lillois à la tête de l'armée du Nord : le général Faidherbe. Il mourut à Paris le 21 août 1891.

 

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 09:47

 

 

suite 

 

La nécessité pour les ouvriers, de se « livrer eux, leurs femmes et leurs enfants, à un travail dont l’excès et la durée dépassent la mesure de leurs forces et pur un salaire qui ne suffit pas toujours à la plus miséreuse existence ». (Villeneuve-Bargemont), pèse lourdement sur la race des ouvriers lillois, êtres peu éduqués, sans instruction, sans promotion, mal préparés à la gestion d’un budget même modeste, mal logés, se nourrissant mal et nourrissant mal leurs enfants, démunis devant la maladie et la mort ou recourant à des thérapeutiques douteuses, politiquement mainmortables et professionnellement inorganisés, et surtout assommés par 60 à 70 heures de travail hebdomadaire, 52 semaines par an…

 

« La population n’est pas belle à Lille », note le docteur Dupont. Comment le serait-elle ?Entre 1800 et 1849, on compte dix-sept années au cours desquelles le nombre des morts à Lille est supérieur à celui des naissances. Parmi elles, les années 1832 et 1849 qui virent une épidémie de choléra : 955 morts la première fois ; 909 la seconde, les quartiers ouvriers étant particulièrement touchés.

 

Certains chiffres parlent d’eux-mêmes : durant la période 1844-1852, il meurt à Lille 21.592 individus ; 9.309, soit 43,92 %, n’ont pas 5 ans révolus,

 

En 1846 survient en Europe et en France l’une des plus profondes crises économiques du siècle. Dans ses origines elle est de type ancien, consistant en deux mauvaises récoltes (1845, 1846) de blé et de pommes de terre, suivies d’une disette alimentaire. Malgré les efforts de l’Association de Prévoyance, fondée par Scrive père, en vue de normaliser les cours des marchés du mercredi par la mise en vente d’importantes réserves de blé, le kilo de pain de seconde qualité passe à Lille de 25 à 55 centimes (mai 1847).

 

Une famille de quatre personnes consommant trois kilos de pain, par jour, et le salaire moyen d’un ouvrier du textile étant de 2,50 F, il est facile de deviner dans quelles difficultés se débattent les familles ouvrières durant une crise qui va se prolonger jusqu’à la fin de l’hiver de 1848.

 

Aussi le Bureau de Bienfaisance a–t’il la charge de 22.000 indigents en 1846, de 26.000 en février 1847, au cœur d’un très dur hiver. Alors qu’en 1841, il y a eu à Lille (72537 habitants), 1.224 naissances de plus que de décès, au cours de l’année 1847, alors que la ville compte 75.429 habitants, l’état civil enregistre 2.269 naissances et 2.525 décès. On s’explique dès lors l’émeute de la faim, qui le 13 mai 1847, pousse une foule de petites gens, envers qui la justice se montrera très dure, à piller plusieurs boulangeries.

 

 

23-03-2013-1653-25.jpg

 

Une usine de Moulins-Lille

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 09:31

suite 


L’hiver vient tôt , les canaux étant gelés, le marché de Lille subit une hausse énorme, augmentée des droits d’entrée sur les blés étrangers ; en février 1830, la police signale plusieurs indigents morts de froid ; un tiers des ouvriers ont été renvoyés.

L’avènement de Louis-Philippe n’apporte aucune solution d’ensemble au paupérisme. En février 1832, les ouvriers cordonniers et bottiers de Lille s’étant coalisés pour obtenir une augmentation de salaire, le tribunal correctionnel les condamne chacun à 10 F d’amende, plus 10 F de dommages-intérêts à leurs maîtres.

 

A partir de 1835, le rythme de croissance industrielle s’accélère. Mais il existe un goulot d’étranglement : le maintien de la politique ultra-protectionniste mise sur pied sous la Restauration.

 

Quand en 1836 Frédéric Passy parvient à faire voter des lois supprimant certaines prohibitions, c’est une levée de boucliers, à Lille notamment (sucre et coton). Désormais les timides mesures de libre-échange seront le « bouc émissaire » d’une industrie toujours fragile.

 

Or en 1837 éclate dans l’industrie du coton une nouvelle crise, les Etats-Unis, en difficulté, suspendant livraisons et commandes. Aussi tous les soirs du mois de mai 1837, la Grand’Place de Lille et les rues avoisinantes sont-elles le théâtre de houleux rassemblements de gens criant : « De l’ouvrage ! nous en aurons ! », tandis qu’ici et là éclatent la Marseillaise ou la Parisienne

 

Le 26 mai, le marie Bigo-Danel doit faire donner la troupe. Mais les lillois, peu révolutionnaires, se contentent du rétablissement des soupes à Rumpfort, « soupes gélatineuses et minéralisées », qui, aux yeux du rédacteur de la Gazette de Flandre et d’Artois, ont l’avantage de « détourner l’ouvrier de l’usage des spiritueux ».

 

Nouveau début d’émeute en août 1839, quand trois filateurs de coton – Defrenne, Reboux et Desmons – ayant prévenu leurs ouvriers que leur salaire serait amputé de 10 centimes par livre de coton travaillé, ces ouvriers se cabrent, envisagent d’organiser une espèce de mutuelle et finissent par obtenir le maintien du taux de leurs salaires, ce qui fâche le Procureur qui voit dans cette coalition une entorse à la loi.Si bien que vingt « coalitionnistes » sont jetés dans les casemates de la citadelle.

 

Durant l’hiver 1840-1841, une vieille dentellière de la cour Lottin est trouvée morte de faim et de froid. Son ameublement : « une chaufferette ébréchée et une mauvaise cafetière, ni lit, ni chaise ». C’est durant cet hiver qu’un disciple de Sismondi, Antoine Buret, auteur d’un livre retentissant sur la Misère des classes laborieuses en Angleterre et en France, passe par Lille dont il écrira : « C’est dans la ville de Lille que les classes pauvres sont descendues au niveau le plus bas en France.

 

 


L’hiver vient tôt , les canaux étant gelés, le marché de Lille subit une hausse énorme, augmentée des droits d’entrée sur les blés étrangers ; en février 1830, la police signale plusieurs indigents morts de froid ; un tiers des ouvriers ont été renvoyés.

L’avènement de Louis-Philippe n’apporte aucune solution d’ensemble au paupérisme. En février 1832, les ouvriers cordonniers et bottiers de Lille s’étant coalisés pour obtenir une augmentation de salaire, le tribunal correctionnel les condamne chacun à 10 F d’amende, plus 10 F de dommages-intérêts à leurs maîtres.

 

A partir de 1835, le rythme de croissance industrielle s’accélère. Mais il existe un goulot d’étranglement : le maintien de la politique ultra-protectionniste mise sur pied sous la Restauration.

 

Quand en 1836 Frédéric Passy parvient à faire voter des lois supprimant certaines prohibitions, c’est une levée de boucliers, à Lille notamment (sucre et coton). Désormais les timides mesures de libre-échange seront le « bouc émissaire » d’une industrie toujours fragile.

 

Or en 1837 éclate dans l’industrie du coton une nouvelle crise, les Etats-Unis, en difficulté, suspendant livraisons et commandes. Aussi tous les soirs du mois de mai 1837, la Grand’Place de Lille et les rues avoisinantes sont-elles le théâtre de houleux rassemblements de gens criant : « De l’ouvrage ! nous en aurons ! », tandis qu’ici et là éclatent la Marseillaise ou la Parisienne

 

Le 26 mai, le marie Bigo-Danel doit faire donner la troupe. Mais les lillois, peu révolutionnaires, se contentent du rétablissement des soupes à Rumpfort, « soupes gélatineuses et minéralisées », qui, aux yeux du rédacteur de la Gazette de Flandre et d’Artois, ont l’avantage de « détourner l’ouvrier de l’usage des spiritueux ».

 

Nouveau début d’émeute en août 1839, quand trois filateurs de coton – Defrenne, Reboux et Desmons – ayant prévenu leurs ouvriers que leur salaire serait amputé de 10 centimes par livre de coton travaillé, ces ouvriers se cabrent, envisagent d’organiser une espèce de mutuelle et finissent par obtenir le maintien du taux de leurs salaires, ce qui fâche le Procureur qui voit dans cette coalition une entorse à la loi.Si bien que vingt « coalitionnistes » sont jetés dans les casemates de la citadelle.

 

Durant l’hiver 1840-1841, une vieille dentellière de la cour Lottin est trouvée morte de faim et de froid. Son ameublement : « une chaufferette ébréchée et une mauvaise cafetière, ni lit, ni chaise ». C’est durant cet hiver qu’un disciple de Sismondi, Antoine Buret, auteur d’un livre retentissant sur la Misère des classes laborieuses en Angleterre et en France, passe par Lille dont il écrira : « C’est dans la ville de Lille que les classes pauvres sont descendues au niveau le plus bas en France.

 

d'après P. Pierrard

Lille : 10 siècles d'histoire.

 

22-03-2013-1857-54.jpg

 

Almanach de 1848 imprimé par Lefebvre-Ducrocq

14, rue des Suaires - LILLE

Repost 0
Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes - dans Culture - Patrimoine
commenter cet article