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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 12:15

 

 

   Durant la grande crise de 1740-1748, quand beaucoup d’ouvriers, pour avoir du pain, s’engagent dans l’armée du maréchal de Saxe (il y aurait eu 10.000 lillois à la bataille de Fontenoy), quand nombre de femmes vont travailler à la campagne, la perte de vie est affreuse ; en huit ans : 20.374 décès pour 16.844 naissances.

  La paroisse Saint-Sauveur, la plus populeuse, contribue largement à ce renversement. En 1783, par exemple, si les paroisses Saint Pierre, Saint Etienne, Sainte Catherine, Sainte Madeleine, Saint André sont assez nettement excédentaires, Saint Maurice compte 503 naissances pour 479 décès et Saint Sauveur : 467 naissances et 528 décès. Cette année-là les fièvres estivales et la petite vérole emportent de nombreux enfants.

   Les inégalités de chances devant la vie sont déjà liées, dans le Lille de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, aux inégalités sociales et à l’inégale répartition géographique de la population.

 

   En 1677, Lille où, déjà, les espaces verts reculent devant les « courées, les rues à sacq », où sévissent la spéculation foncière et le placement immobilier, compte 350 habitants à l’hectare ; elle en comportera 480 en 1740. Densité anormale qui s’enfle au détriment de « l’environnement » et de « la qualité de vie », pour employer des expressions qui nous sont chères.

 

   Mais alors que le « quartier royal », Saint André, largement aéré, a moins de 165 habitants à l’hectare, le centre commerçant Saint Etienne, souffre d’un entassement urbain dont font surtout les frais les commis de boutique et les domestiques à qui ont sous-loue caves et greniers. Car Saint Etienne est de beaucoup la paroisse la plus riche de Lille, avec ses négociants et ses commerçants ; en 1787, on y paie 23 livres de capitation (impôt par tête) sur les 69.400 payés en ville.

   Un négociant comme Pringué dispose des services d’un garde-magasin, d’un valet, d’un cocher, d’une servante, d’une cuisinière et d’une femme de chambre. Il faut dire que les nobles, nombreux sur Saint André, sont exempts de la capitation ; et que le clergé séculier et régulier – particulièrement dense sur Saint Pierre et Sainte Madeleine – a remplacé l’impôt par une quotité fixe.

   61 % des sayetteurs et près de 40 % des bourgeteurs de Lille habitent la paroisse Saint Sauveur. C’est déjà le Saint Sauveur que nous avons connu, bourré de travailleurs pauvres parqués dans des logis étroits et sans air, et dont l’existence est soumise aux fluctuations de la conjoncture et des récoltes. Si, en 1695, on compte 1.522 contribuables sur cette paroisse, en 1740, 66% de la population mâle adulte y est exempte de la capitation ; en 1787, on n’y comptera plus que 904 contribuables (sur 11.000 habitants environ). Parmi les pauvres, il y a les industriels ruinés comme Adrien Leroy et aussi une foule de petites gens comme l’organiste Henneuse et le maître d’école Godin (le peintre Watteau ne paie que 4 livres, mais la masse des exemptés d’impôts est constituée par les ouvriers du textile, et singulièrement par les sayetteurs.

 

 

d'après P. Pierrard

 

 

 

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Repas public offert aux pauvres de Lille à l'occasion de la naissance du Dauphin, fils de Louis XV (septembre 1729)

(album de Pourcher, bibliothèque Municipale, LILLE)

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