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  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes
  • Le Club des Ambassadeurs de Wazemmes est constitué d'une équipe de retraités dynamiques dont l'objectif est de transmettre la mémoire du quartier à toute les générations....
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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 17:15

Lingère de Lille

 

Renseignements recueillis sur les lieux en juillet 1858 par L. AUVRAY,

traducteur du ministère de la Marine.

Observations préliminaires définissant la condition des divers membres d’une famille.

 

Définition du lieu, de l’organisation industrielle et de la famille.

 

L’ouvrière habite Lille, chef lieu du département du Nord, ville située à environ 70 km de la côte. On y ressent toutes les brusques variations de la température de la mer. Il y pleut souvent. La ville est entrecoupée de canaux dont l’eau n’a que peu ou point de courant, à cause de l’horizontalité presque parfaite du sol. Elle est entourée d’une triple ceinture de glacis et de fossés remplis d’une eau stagnante où croissent plusieurs espèces de plantes aquatiques. Le sol présente à sa surface une couche épaisse d’humus, qui comme une éponge, retient constamment de l’humidité.

Dans un milieu aussi insalubre avec des salaires qui ne permettent pas toujours aux ouvriers ni de se vêtir, ni de se nourrir, ni de se loger convenablement, surtout en présence de certaines habitudes d’intempérance, une partie de la population offre un aspect déplorable ! On y trouve toutes les infirmités et toutes les difformités qui affligent l’espèce humaine.

Lille compte environ 800 ouvrières spécialement occupées à la fabrication du linge de corps ; il faut ajouter à ce nombre les personnes recueillies dans des établissements pieux et les femmes détenues, dont le chiffre s’élève à 200 à 300, et dont la concurrence tend constamment à faire baisser les salaires.

 

La ville de Lille a conservé pour la lingerie les meilleures traditions. On y fabrique les trousseaux de grand prix pour plusieurs départements et même pour Paris, où les femmes ne peuvent guère trouver désormais  dans la lingerie la juste rémunération de leur temps et de leurs fatigues ; car la lingerie fine exige des soins et une grande habileté. Il  est probable même qu’un temps viendra où les ateliers de Paris ne faisant plus du tout d’élèves, devront recourir exclusivement à la province pour ces articles de luxe.

 

La lingerie commune se fabrique généralement dans les prisons, dans les couvents et dans des maisons dirigées par des religieuses, où l’on prend des jeunes filles en apprentissage, moyennant une faible rétribution annuelle et quelquefois même sans rétribution. Ces concurrences sont redoutables pour les ouvrières libres, car les premiers besoins de la vie étant assurés, dans les prisons par le gouvernement, dans les maisons religieuses par des quêtes et des dons pieux, les chefs d’établissements se montrent peu exigeants sur les prix qui vont toujours en diminuant.

 

Cet état de choses existe aujourd’hui presque partout ; il aura, dans un temps donné, des résultats fâcheux pour la lingerie, s’il n’est pas balancé par une cause opposée, la rareté des bras qui tend à se manifester dans la majeure partie de la France.

 

Etat civil de l’ouvrière

 

L’ouvrière a subi le sort commun à un trop grand nombre de filles des centres manufacturiers. Elle a été séduite par un ouvrier. Il est résulté de cette liaison un enfant de sexe masculin.

La famille se compose donc seulement de :

Sophie-Victoire T** née à Lille ……………39 ans

Alphonse T** ……………………………..  7 ans

 

Le père et la mère de l’ouvrière sont décédés depuis longtemps ; il ne reste, en fait d’ascendants, qu’une aïeule par la mère, âgée aujourd’hui de près de 100 ans, et une tante célibataire, âgée de 50 ans.

L’ouvrière a 4 frères et 3 sœurs. Tous sont nés à Lille et y demeurent actuellement. Trois des frères exercent la profession de retordeurs de fils ; le quatrième, le plus jeune, en ce moment sous les drapeaux, a appris l’art de tailler le diamant.

Des trois sœurs de Sophie T** la première est mariée à un serrurier ; la seconde est femme de chambre et la troisième est entrée dans un couvent.

La tante est dentellière et n’a absolument pour vivre que le produit de son travail, qui ne dépasse pas 40 à 50 centimes par jour.

 

à suivre

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